mercredi 11 janvier 2012





"Les questions retentissent,

claquements dans les tympans officiels.

S’éveillent les noms harcelés,

les écartelés sans sépulture,

occultés sous la fange impunie.

Les noms se raniment dans les voix ;

les murs des prisons peuvent s’effondrer,

les trônes peuvent être pris,

les frontières se diluent,

si on invoque ces noms.

Aucune arme, aucun affront, rien,

ne devra répliquer à ces noms calcinants."



Angye Gaona

Extrait du poème Le volcan parle

Traduction française de Pedro Vianna











LIBAN RESISTANCE,

SOLIDAIRE D’ANGYE GAONA





Nous ne sommes pas un Curriculum (C.V.)


Si nous sommes ce que nous faisons, la manière dont nous nous comportons et agissons se révèle essentielle pour qu’il n’y ai pas l’espace d’un cheveu entre ce que nous sommes et ce que nous faisons.


Nous sommes ce que nous vivons, sentons, disons, regardons, aimons, pensons, écrivons.


Nous sommes ce que nous donnons.


Nous sommes l’intensité de notre engagement pour la vie.


Nous sommes ce que nous rêvons.


Angye Gaona n’est pas non plus un curriculum. C’est une poète vibrante de vie.


C’est un éclair d’innocence. Une force vitale, qui essaie d’aider à changer la vie, depuis la poésie qui l’habite.


Cependant vous trouverez ci-dessous son curriculum qui vous éclairera un peu sur sa personne, en attendant d’autres communications à suivre.


( Cristina Castello )






***










Biographie abrégée de Angye Gaona






Angye Gaona (Bucaramanga, Colombie, 1980) poète colombien, membre de Prométhée et de l’équipe organisatrice du Festival International de Poésie de Medellín pendant cinq ans.


Elle a créé en 2001, le premier Salon international de la poésie expérimentale. Elle est également sculptrice. Elle a produit des nombreuses émissions culturelles à la radio. Elle exerce des activités visant à promouvoir la poésie dans sa ville natale.


Ses poèmes ont été inclus dans des anthologies et des publications imprimées ou électroniques en Colombie et dans de nombreux pays. Plus récemment, un choix de ses écrits a été inclus dans une anthologie de nouvelles voix de la poésie colombienne publiée par l’Université de Monterrey (Mexique).


En 2009, elle publie son premier livre : « Naissance volatile » (Natalia Rendón illustrations), et participe à la Rencontre internationale du surréalisme, intitulée : « Le seuil secret » (Santiago, Chili), la plus grande exposition jamais organisée du mouvement surréaliste en Amérique latine.


En 2010, elle réalise le poème expérimental « Les fils du vent" » disponible sur le site : http://www.wix.com/viento/viento . Son travail a été partiellement traduit en français, catalan, portugais et anglais.


En 2011, elle a remporté le Prix du Salon métropolitain des arts avec une performance intitulée « Regarde ».


En 2012, elle devrait participer à l’Exposition internationale « Surréalisme 2012 » (Pennsylvanie, États-Unis), et au XXII Festival Internationale de Poésie de Medellín, si elle n’est pas incarcérée d’ici-là.


Un Cahier Spécial bilingue lui sera consacré dans le prochain numéro de la revue poétique française « La voix de autres », à paraître en mars 2012






Défense d’Angye Gaona, poète colombienne


A partir de maintenant, il est primordial que chacun d’entre nous veuille bien prendre une part active pour soutenir Angye Gaona avant le procès inique dont elle est l’objet.


La situation d’Angye est gravissime comme vous pourrez le constater.


En Janvier 2011, de retour du Venezuela où elle s’était rendue pour faire provision de livres, elle avait été interpellée puis incarcérée sans qu’aucune charge tangible ne soit retenue contre sa personne.


Après une intense campagne de pétitions d’ampleur internationale, elle avait été libérée. Peu de temps après sa sortie de prison, le 20 mai 2011, le couperet est tombé et elle a été accusée de trafic de drogue.






La vérité probante de cette histoire c’est qu’auparavant elle n’avait jamais cessé de dénoncer les assassinats et disparitions des opposants à l’état colombien perpétrés par les militaires, la police, les services secrets et autres escadrons de la mort.


Bien qu’elle vive très pauvrement, ayant tout juste de quoi nourrir sa petite fille avec laquelle elle partage une pièce unique dans un quartier de Bucaramanga, la ville où elle habite à cinquante kilomètres de la frontière Vénézuélienne, une assignation à résidence lui a été ordonnée par la justice.


Maintenant elle doit défendre son innocence dans un procès truqué depuis le début. Elle a un besoin urgent de notre aide. Elle encourt jusqu’à vingt ans de prison, voire pire. Que chacun diffuse rapidement ces informations, ainsi que les messages à venir.






Nous avons le devoir impératif de dénoncer que :


1° condamner à l’avance une poète pour trafic de drogue afin de la faire taire est une offense à la poésie.


2° le "délit d’opinion" consistant en un acte de solidarité envers autrui et les siens ne saurait sous aucun prétexte être puni.






Cristina Castello, poète argentine vivant en France et amie d’Angye, lance un fervent appel de soutien à l’attention de la communauté internationale.


Soyons conscients qu’en d’autres temps de sinistre mémoire, nous aurions très bien pu nous retrouver dans une situation similaire à la sienne.


En Colombie la grande majorité de la population est complètement terrorisée par la répression sanglante et très peu d’individus n’osent afficher publiquement leur soutien par crainte des représailles.






Voici des liens vers quelques articles décrivant l’état des lieux :






http://www.tlaxcala-int.org/article... (français)


http://www.tlaxcala-int.org/article... (English)


http://www.es.lapluma.net/index.php... (espagnol)






Si jamais vous avez des connaissances influentes, dans les domaines des arts, de la littérature, des droits de l’homme, de la politique, ou de la diplomatie...etc, alertez-les car le temps presse.


Nous avons besoin de vous tous.


Nous avons besoin de traducteurs, et de personnes relayant notre action tant en France qu’à l’étranger.






Le procès débutera le 23 janvier et le verdict devrait être rendu au plus tard dans deux mois.


Nous avons encore la chance dans notre pays (France) de ne pas subir la répression terrible sévissant en Colombie (appuyée par le tout-puissant gouvernement de la pseudo démocratie US), par conséquent soyons tous solidaires de cette femme, poète au demeurant très talentueuse, qui risque d’être condamnée avec trois autres personnes : une syndicaliste, un étudiant et un défenseur des Droits de l’Homme, eux-aussi, comme par hasard, inculpés des mêmes chefs d’accusation, arrêtées, à quelques jours d’intervalles, en janvier 2011 pour servir d’exemple et intimider tout ce qui reste d’esprits libres en Colombie.






Le seul crime véritable d’Angye Gaona est d’être poète et de ne pas approuver les exactions commises par son gouvernement, comme il nous arrive à nous aussi dans nos pays respectifs de le faire en France sans être inquiétés outre mesure, du moins jusqu’à maintenant....






Selon son avocat, un deuxième chef d’accusation pourrait venir s’ajouter au premier : celui de "rébellion". Elle se retrouverait alors doublement prise au piège dans la mesure où si elle demandait l’asile dans une ambassade étrangère, elle tomberait immédiatement sous le coup d’un mandat d’arrêt international pour narcotrafic. N’ayant pas beaucoup de ressources, elle a du opter pour l’aide juridictionnelle.






A tous ceux qui ont encore assez de cœur et de cran pour défendre la liberté mise en péril, j’adresse ce message.






Il est grand temps de nous relier dans l’action, de mettre en pratique la solidarité qui n’est pas un état d’âme ni un confortable exercice de style philanthropique. Aujourd’hui, si l’on considère l’état général du monde, l’indignation, malléable à merci, ne suffit plus. Il est arrivé bien des fois que des poètes, quand ils n’ont pas été poussés au suicide, aient été condamnés ou proscrits (Hikmet, Lorca, Unamuno, Senac, Milosz, Laâbi et dernièrement Aung Than...) parce ce qu’ils avaient de l’existence humaine une vision profonde, parce qu’il leur était inconcevable de se résigner à subir le joug des tyrans, de tolérer sans rien dire au monde la souffrance infligée au peuple terrorisé et surtout parce qu’il leur était impossible d’avilir la poésie avec la "bonne conscience moralisatrice" des laquais de service.






Angye Gaona en dépit des menaces qui l’enserrent, fait montre d’une témérité et d’une énergie peu communes : elle a décidé de se battre pour la cause commune dont la liberté d’expression est l’une des conditions fondamentales. Accordons-lui sans tarder un soutien sans faille en adressant une lettre postale à ses juges ainsi qu’un message par e-mail à l’ambassade de Colombie.de chaque pays concerné.


Fraternité à tous.


André Chenet






***






Modèle de courrier à adresser au juge.


A chacun de l’adapter à sa façon : (à envoyer en recommandé, si possible)






Juez de conocimiento


Centro de Servicios


Juzgado Único Penal Del Circuito Especializado De Cartagena Adjunto


Centro Barrio San Diego, Calle De La Cruz No 9-42, Antiguo Colegio


Panamericano


2º Piso
Cartagena de Indias


Colombie






***






Nom


Adresse


Ville, Pays


adresse du site (facultatif)










Réf : SPOA ES. 13001-60-01129-2009-02149-00






Monsieur le juge,


En tant que citoyen du monde, attaché aux libertés des peuples, j’ai décidé en mon âme et conscience de vous faire parvenir ce courrier dans le but de vous prévenir de ma vigilance en ce qui concerne Angye Gaona, poète colombienne.


Je suis bien certain que vous ne jugerez pas en cette affaire une femme trafiquant de drogues mais bien une « contrebandière » de mots et de poésie, consciente des dérives des droits de l’être humain dans son pays.


En son nom, je vous demanderai de faire preuve d’équanimité et de raison, malgré les pressions politiques.


Sa poésie ainsi que la modestie de ses conditions d’existence traduisent son innocence, mieux que ne saurait le faire n’importe quel avocat. Il se pourrait que son seul délit consiste justement de dire la vérité à travers son œuvre poétique.


Il me paraît essentiel pour la communauté colombienne que soient respectées la vie et la liberté de ses poètes, qui sont un peu l’âme de son peuple.


En espérant, Monsieur le juge, que vous serez le garant d’un procès équitable qui fera honneur aux institutions de la Colombie, je vous prie d’agréer l’expression de tout mon respect,






Signature










Après avoir posté cette lettre (avec une copie par e-mail à l’ambassade de Colombie), nous vous demandons de nous le faire savoir par message électronique adressé à Cristina Castello :


castello.cristina@gmail.com










Pour connaître les suites de cette affaire vous pouvez consulter les espaces internet suivants :


http://les-risques-du-journalisme.o... (Rubrique : Liberté pour Angye Gaona)


http://libertesconquises.blogspot.com/ (Rubrique : Angye Gaona)


http://poesiedanger.blogspot.com/ (Rubrique : Angye Gaona, dans le sommaire à droite)










Le site polyglotte Facebook de soutien à Angye Gaona :


ANGYE GAONA - ESTUDIANTE UIS DETENIDA :


http://www.facebook.com/groups/1242...






Adresse e-mail du Consulat de Colombie en France :


eparis@cancilleria.gov.co






***






"Suenan las preguntas,


chasquidos en los tímpanos oficiales.


Se recuerdan los nombres hostigados,


los desmembrados insepultos,


ocultos bajo lodo impune.


Se avivan los nombres en las voces ;


pueden derruirse los muros de las prisiones,


pueden tomarse los tronos,


se diluyen las fronteras,


si se invocan esos nombres.


Ningún arma, ninguna injuria, nada,


habrá de replicar esos nombres calcinantes."






Angye Gaona


Extracto del poema Habla el volcán






**






"Les questions retentissent,


claquements dans les tympans officiels.


S’éveillent les noms harcelés,


les écartelés sans sépulture,


occultés sous la fange impunie.


Les noms se raniment dans les voix ;


les murs des prisons peuvent s’effondrer,


les trônes peuvent être pris,


les frontières se diluent,


si on invoque ces noms.


Aucune arme, aucun affront, rien,


ne devra répliquer à ces noms calcinants."






Angye Gaona


Extrait du poème Le volcan parle


Traduction française de Pedro Vianna





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