vendredi 18 février 2011

Les soulèvements populaires à Bahreïn, en Libye, au Yémen et en Irak baptisés par le sang, avec le soutien de l’administration américaine et la complaisance, l’indifférence ou l’hypocrisie de la Communauté Internationale




La vague de contestations populaires sans précédent contre plusieurs régimes autoritaires en place depuis des décennies au Moyen-Orient, continuait d’être réprimée dans le sang jeudi en Libye, à Bahreïn, au Yémen et en Irak.

Quant à La Communauté Internationale, elle se contente à appeler ces régimes dictatoriaux à la retenue et à la non utilisation de la force.

Au moins 17 personnes ont été tuées et des dizaines blessées en quarante huit heures, lors de la répression des manifestations inspirées des révoltes en Tunisie et en Égypte qui ont fait tomber les présidents Zine El Abidine Ben Ali et Hosni Moubarak en moins d’un mois.

La contestation s’est propagée à plusieurs pays arabes du Golfe, du Maghreb et de la péninsule arabique, dont les peuples réclament démocratie, meilleures conditions de vie et fin de la corruption et du népotisme.

Elle touche des pays alliés des États-Unis ou entretenant de bonnes relations avec Washington. Ce qui explique le soutien moral et logistique de l’administration américaine à la dictature au Bahreïn, alors que cette même administration ne cesse de nous rabâcher son attachement à la liberté, à la démocratie et aux Droits de l’Homme et ses conseils auprès des gouvernements concernés d’éviter de recourir à la force et d’écouter les doléances des manifestants.

Sortant de sa réserve habituelle, le chef de l’ONU Ban Ki-moon a même donné une leçon de démocratie à ces régimes dictatoriaux, estimant qu’il fallait promouvoir des réformes audacieuses et bannir la répression.


Le comble de l’hypocrisie de Ban Ki-moon :
demander aux dictatures de réformer et de bannir la répression ; comme si on demandait au chat d’épargner la souris !!!



En Libye, alors que des appels ont été lancés sur Facebook pour faire de jeudi une "journée de la colère" contre le régime de Mouammar Kadhafi au pouvoir depuis bientôt 42 ans, six personnes ont été tuées à Benghazi, la deuxième ville du pays, selon des sites d’opposition.

Les affrontements violents entre policiers et manifestants dans ce bastion de l’opposition situé à 1.000 km à l’est de Tripoli, ont fait également 35 blessés, selon les sites Al Youm et Al-Manara. Des coups de feu y étaient entendus en soirée.

Le mouvement de contestation en Libye a débuté mardi à Benghazi où 38 personnes ont été blessées. La ville d’Al-Baïda, à 1.200 km à l’est de Tripoli, a été touchée par les protestations au cours desquelles deux personnes ont été tuées mercredi, selon le journal libyen Quryna.

Des manifestations violentes ont eu lieu à Zenten (145 km au sud-ouest de Tripoli) où plusieurs personnes ont été arrêtées et des postes de police et un bâtiment public incendiés, a indiqué Quryna sur son site internet.

Mais face à ces manifestations hostiles au pouvoir, des centaines de partisans du colonel Kadhafi, doyen des dirigeants arabes, ont défilé sur la Place verte au cœur de la capitale Tripoli.



Dans la région du Golfe, à Bahreïn, l’armée s’est déployée en force à Manama, se disant déterminée à rétablir l’ordre après la répression par la police d’une manifestation anti-régime qui a coûté la vie à trois manifestants et suscité la colère de l’opposition.

C’est la première fois dans une monarchie arabe du Golfe que se déroule une manifestation de cette ampleur pour réclamer des réformes politiques.

Profondément inquiets et craignant une contagion, les alliés régionaux du petit royaume ont apporté leur soutien total aux autorités de Bahreïn, siège du QG de la Ve flotte américaine chargée de soutenir notamment les opérations en Afghanistan et de contrer une éventuelle menace iranienne.

Au total, cinq manifestants ont péri depuis le début de la contestation lundi à Bahreïn à l’initiative d’internautes pour réclamer des réformes politiques et sociales. Cet appel a été très suivi par la majorité chiite qui s’estime discriminée dans ce royaume gouverné par une dynastie sunnite.



Au Yémen, pays pauvre et instable du sud de la péninsule arabique et un allié clé de Washington dans sa lutte contre Al-Qaïda, les manifestations se sont multipliées et étendues faisant trois morts et des dizaines de blessés depuis mercredi.

A Aden, la capitale du Sud-Yémen, un manifestant a été tué jeudi et dix blessés par des tirs de la police qui a dispersé des milliers de protestataires réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh, selon une source médicale.

Les protestations ont continué malgré un déploiement militaire.

Les manifestants ont tenté de prendre d’assaut le poste de police et la prison centrale, attaqué trois hôtels et des commerces, et coupé la circulation en incendiant des pneus, selon un correspondant de l’AFP sur place.

Dans la capitale Sanaa, quelque 2.000 étudiants ont été attaqués dès leur sortie du campus de l’Université par des partisans du parti présidentiel armés de gourdins et de pierres. "Le peuple réclame la chute du régime", ont scandé les étudiants certains ripostant à coups de pierres à leurs attaquants. Vingt-cinq personnes ont été blessées. Les forces de sécurité ont tiré en l’air pour séparer les deux camps.

Les manifestants veulent toujours le départ de M. Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, même après qu’il eut annoncé avoir renoncé à briguer un nouveau mandat en 2013 et promis des réformes.



En Irak, le mouvement de contestation sociale lancé le 3 février s’est étendu au Kurdistan autonome (nord) où deux personnes ont été tuées et 47 blessées par balles à Souleimaniyeh.
Près de 3.000 manifes
tants, en majorité des jeunes, ont accusé de corruption les deux partis traditionnels kurdes. Des manifestants ont tenté de prendre d’assaut le siège d’un parti, mais des gardes ont tiré en l’air. La veille, au sud de Bagdad, un manifestant a été tué et 27 blessés lors de violentes protestations.

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