mardi 26 octobre 2010

LA RAFLE DE LA PLACE BELLECOUR

La vidéo intégrée à la page précédente n'est pas celle des 5 étudiants; voici la-leur :

http://www.musicologie.org/publirem/la_rafle_de_bellecour.html



LIBAN RESISTANCE s'excuse auprès de ses fidèles pour cette erreur matérielle
LIBAN RESISTANCE REPOND À DES DEMANDES EMANANT D’ETUDIANTS ET DE LYCEENS LYONNAIS, SOUHAITANT VOIR QUELQUES UNES DE SES PAGES
DEDIEES À LEUR ACTUELLE LUTTE



Lyon, 21 octobre 2010 : La rafle de la Place Bellecour


Des jeunes Lyonnais ont été raflés, parqués tout un après-midi Place Bellecour hermétiquement bouclée, ils ont été battus, gazés, inondés, humiliés.

Certes, l'alcoolémie et tout autre syndrome peuvent faire perdre son sang-froid à plus d'un, encore plus à un CRS, mais là, il y avait des ordres, une action d'envergure délibérée.


Voici le témoignage de 5 étudiants en droit à Lyon qui se sont fait parquer Place Bellecour, des photos, pratiquement toutes prises par l'un d'eux, une vidéo et une audio.


Le témoignage de 5 étudiantsparqués comme des bêtes



En ce 21 octobre, nous avons vécu ce que l'on pourrait appeler une garde à vue à ciel ouvert Place Bellecour à Lyon.
Tout commence en début d'après-midi, nous savons qu'un rassemblement pacifque est organisé place Antonin Poncet par l'UNL et la CGT (dans son petit break blanc). En tant que citoyens et concernés par l'amalgame jeune = casseur il nous semble important d'aller manifester dans le calme avec les jeunes et les syndicalistes.
Le dispositif policier déployé est impressionnant et dès la rue Victor Hugo on assiste à des barrages fltrants. Les CRS nous laissent passer sans aucun contrôle à notre grand étonnement. Nous sommes donc sur la place Bellecour.
Un grand nombre de personnes tentent d'accéder à la place Antonin Poncet, nous avons le cortège en visu. Cependant, le GIPN est présent et lourdement armé. Une ligne de CRS bloque de tous les côtés l'accès à la place d'où doit débuter la manifestation. Nous pensons qu'il s'agit juste d'une mesure temporaire.
Nous tentons de regagner la place en passant par la rue de la Barre. C'est alors que nous découvrons deux blindés anti-émeutes armés de canon à eau placés respectivement à l'entrée de la rue du Président Édouard Herriot et à la rue Gasparin. Ça commence à chauffer là où les CRS bloquent l'accès à la manifestation : premiers tirs de gaz lacrymo sur les personnes agglomérées dans la place Antonin Poncet et celles de l'autre côté de la ligne de démarcation.
Nous demandons alors aux CRS disposés en ligne rue de la Barre si nous pouvons sortir de cette place. « On ne veut pas se prendre des cailloux, ni des gaz nous voulons juste manifester pacifquement de l'autre côté de la rue» . Réponse sèche nous disant que de toute façon le secteur est bouclé et que les ordres sont clairs. Personne ne sort. On nous dit alors d'aller nous mettre au fond de la place (côté Saône) pour éviter les gaz et que « peut-être » là bas nous pourrions sortir.
La situation est inédite, nous faisons le tour de la place, toutes les rues adjacentes sont bloquées, à chaque barrage où nous demandons de sortir on nous répond toujours que c'est impossible. Et pourtant nous voyons des personnes qui arrivent à passer sans problème les barrages de CRS. Les personnes de plus de 25-30 ans sortent sans problème de cette place. Il est clair que le mot d'ordre est de laisser entrer les « jeunes » dans la place et de ne pas les laisser sortir pour une durée indéterminée.
Nos inquiétudes sont confrmées par un CRS qui nous dit que de toute façon « vous les jeunes vous ne sortirez pas avant 20h et même 21h si cela est nécessaire ».
Cela fait déjà 1h30 que nous attendons. Pas de mouvement, on croirait que le temps s'est arrêté. Il semble que le commandement central soit muet, les CRS au milieu de la place en petit groupe sont plus que détendus, enlèvent leurs casques, fument et parlent même avec les jeunes. L'hélicoptère de la gendarmerie ne cesse de tourner au-dessus de nous, équipé d'une caméra il passe et repasse au dessus des jeunes. Le climat est presque détendu. Mais il ne le restera pas longtemps : des groupes de CRS font des rondes, passent et traversent la place Bellecour pour « réveiller » les jeunes, peut-être trop calmes ? Deux policiers de la BAC tournent sur une moto depuis une bonne demi-heure dans la place.
Nous attendons, encore, toujours. C'est au bout de 3 heures que le harcèlement policier commence à porter ses fruits. Les jeunes au début très dispersés et calmes commencent à se rassembler et demandent à sortir.
Les jeunes sont pris dans un mouvement de foule, la police toujours en bloquant les sorties de la place, tire des grenades lacrymogènes sur le groupe nouvellement formé.
Des jeunes après s'être fait gazer se font matraquer. Il est impossible de sortir.
Les forces de l'ordre délivrent alors un message hallucinant depuis les fourgons blindés anti-émeutes : « Attention. Si vous ne vous dispersez par maintenant, nous allons devoir faire usage de la force ». Mais comment vont se disperser les jeunes alors que tout est bloqué ?
Au même moment, nous étions bloqués à un barrage en tentant de sortir pour la « 10e » fois. Les forces de l'ordre donnent l'assaut et balance la sauce sur des jeunes non armés, totalement encerclés et sans aucune protection : Canon à eau, gaz lacrymo sous toutes ses formes, matraquages, fumigènes, bangs, ...
Après cet assaut insensé il nous est ordonné de nous présenter à une sortie (enfn ouverte !) direction quai de Saône. L'humiliation continue : Contrôle d'identité avec des agents recensant toutes les infos sur chaque personne présente, fouilles corporelles et photographies. De plus la presse est là pour flmer la prise du jour. Tutoiement et petites blagues racistes de rigueur. On fait passer tous les « beurres » chez le photographe des RG. Ceux qui n'ont pas de pièce d'identité seront systématiquement mis en garde à vue et « stockés » dans les cars que nous voyons au loin sur le pont Bonaparte.
Voici comment l'État français traite sa jeunesse et ne résout en rien les problèmes d'insécurité. Il faut noter que seulement FR3 Rhône-Alpes et TLM ont fait état de ce qu'il s'était passé (à demi-mot cependant). FR2, chaîne de service public, à quand même réussi à dire que la place Bellecour était prise « toute l'après-midi par des casseurs ».
J'hallucine, les casseurs il n'y en avait que très peu, le reste est resté bloqué sous l'œil des caméras qui ont pu tourner des images et contribuer à la désinformation gouvernementale.
Ce sont des méthodes dignes d'un régime fasciste :
Humiliation
Violence gratuite
Atteinte au droit fondamental d'aller et venir
Un seul mot me vient à l'esprit : RÉSISTANCE.
5 étudiantsparqués comme des bêtes


La vidéo, ici :
http://rebellyon.info/Video-Les-forces-de-l-ordre.html



Et l’audio, ici :




Des témoignages bouleversants


Il est 2h du matin, et je ne peux tou­jours pas dormir, après ce que j’ai vu et entendu aujourd’hui place Bellecour.
Je suis restée blo­quée d’envi­ron 13h30 à 17h30, et je ne suis sortie saine et sauve, et sans contrôle, uni­que­ment parce que je suis une jeune femme blan­che, sans dreads ni pier­cing... J’ai vu un CRS faire le signe de déca­pi­ta­tion en rica­nant, à l’atten­tion de mon ami. C’était après nous avoir dit qu’on pou­vait sortir du côté de la Saône, en ajou­tant « Merci qui ? ». Mon ami lui avait alors envoyé un baiser avec la main... Et voilà, comme ça, c’est beau : un repré­sen­tant du pou­voir en place faire ce signe de mort en rica­nant ! J’ai vu un type se faire pren­dre et tabas­ser lors d’une charge de CRS alors qu’il ne fai­sait rien, qu’il était juste là, à fuir, à tenter de se pro­té­ger, à être là, comme nous, sauf qu’il était un jeune homme d’ori­gine magh­ré­bine, évidemment.
Au fait, se faire char­ger quand on sait qu’il n’y a aucune issue, c’est une sacrée expé­rience ! On a véri­ta­ble­ment essayé de se pré­pa­rer psy­cho­lo­gi­que­ment à se faire matra­quer. C’est dur (hohoho).
Plus tôt, après une charge, des coups de feu (lacrymo ? fla­sh­ball ?), je me retourne et je vois une fille à terre, incons­ciente, de l’écume aux lèvres, der­rière un kios­que à l’est de la place. Que doit-on faire ? Est-elle sim­ple­ment évanouie ? A-t-elle reçu quel­que chose dans la tête ? A-t-elle une crise quel­conque ? A-t-elle besoin de secours d’urgence ? Je cours vers un mur de CRS, en hur­lant, hys­té­ri­que, d’appe­ler le SAMU (« IL Y A UNE FILLE A TERRE INCONSCIENTE ET C’EST A CAUSE DE VOUS ! » je hurle de toutes mes forces), JE VOIS ALORS UN CRS SOURIRE !!!
Avec mon ami, on a dis­cuté avec beau­coup de ces « cas­seurs des cités » : tous étaient froi­de­ment cons­cients de la situa­tion poli­ti­que, et SURTOUT DU RACISME OMNIPRÉSENT. Les blancs eux, s’en sor­ti­ront, PAS EUX, ni aujourd’hui, ni demain, ni dans la vie ! On a dis­cuté avec des jeunes qui cor­res­pon­daient par­fai­te­ment aux cli­chés relayés par les médias : jeunes d’ori­gine afri­caine à fou­lard, bas­kets, capu­che... On a briè­ve­ment dis­cuté de la réforme (“et on ne va pas tra­vailler jusqu’à 70 ans !” me dit un jeune avec un petit sou­rire au lèvres : il le sait, il est sur­tout là pour se battre contre une société raciste et pour­rie, dont la réforme est un élément qui fina­le­ment ne le concerne que de loin), on a appris que cer­tains lycéens se bat­taient également contre la sup­pres­sion des BEP, on a parlé du racisme, de la pro­pa­gande... Tous sem­blaient rési­gnés ; il n’y avait AUCUNE VIOLENCE.
Après l’ultime charge, le piège tendu contre nous vers 17h20, des tirs, on se plaque contre une vitrine avec d’autres jeunes, puis on se réfu­gie, mon ami et moi, pani­qués, dans la pre­mière cour inté­rieure, pour se pro­té­ger des tirs (là encore, pas eu le temps de voir, ou de sentir ce que les repré­sen­tants de l’État fran­çais tiraient). Il y a là, dans l’esca­lier de cet immeu­ble, un jeune d’ori­gine magh­ré­bine, un lycéen tout gentil, un peu enrobé, à la voix douce, bref tout sauf quelqu’un de mena­çant et d’effrayant, qui s’est retrouvé bloqué vers 11h place Bellecour alors qu’il ne fai­sait que passer. Il nous a raconté, sans haus­ser la voix, comme si c’était là quel­que chose de banal, qu’un CRS, en le blo­quant, lui a dit d’un air mépri­sant qu’il l’avait reconnu, lui, un « cas­seur » de ce matin 9h. Le garçon nous a alors dit : « à 9h, je fai­sais une interro ! ». « Ils m’ont dit que les Blancs pas­saient mais pas les autres ». Je lui ai alors fait répé­ter la chose, ne pou­vant en croire mes oreilles. Oui, oui, le CRS lui a dit ça comme ça. Oui, oui. D’autres jeunes stig­ma­ti­sés depuis leur plus jeune âge par les flics nous ont adressé plus tôt la parole, d’un air rési­gné : « eh pour­quoi vous partez pas vous ? Vous êtes blancs, essayez, ils vous lais­se­ront passer, vous... ». Nous n’avons pas essayé. Trop fiers pour tenter de partir, trop effrayés pour faire face à une charge de CRS. Dans cette cour, trois filles sont ensuite venues non pas se réfu­gier, mais faire pipi. Elles sont ensuite res­sor­ties ; nous n’avons pas osé.
Finalement, pas de contrôle d’iden­tité pour nous : « coup de chance » : dans la cour où nous nous sommes « réfu­giés » (on atten­dait les flics, prêts à mettre les mains sur la tête), on voit arri­ver des jeunes de droite à mèche ! Surréaliste ! Les che­veux de droite se reconnais­sent de loin ; enfants de bour­geois habi­tant place Bellecour, et leurs copains riches de droite. Une dis­cus­sion suit en bas des esca­liers avec deux d’entre eux, pen­dant que des jeunes pau­vres se font matra­quer sur la place : non, tous les gens qui ont voté Sarko ne sont pas pour ça, nous dit l’un des jeunes à la coupe Sarko fils pré-tonte ; ça.... Mon ami s’énerve, lui dit que si, que si on a voté Sarko, on a voté pour le racisme, pour l’État poli­cier, pour l’ORDRE, pour ça, CA... Les gens savaient, ils savaient pour quoi ils votaient : pour ça ! Le jeune d’ori­gine magh­ré­bine lui se tait, c’est juste un gamin qui veut ren­trer chez lui. Ces deux jeunes de droite avaient l’air si sym­pa­thi­ques, si inno­cents, et pour­tant c’est eux aussi la France qui pue. Au final, c’est « grâce » à un groupe de blancs riches que nous sommes sortis sans contrôle, la rage et la peur au ventre. Un flic à blou­son en cuir et bras­sard entre dans la cour, nous dit de sortir, qu’on peut partir main­te­nant. On ne le croit pas ; je lui dis :« et tout à l’heure ? Vous nous avez dit qu’on pou­vait partir ! ». Il m’ignore, et va parler aux riches. Le gamin se dirige vers la porte, on le retient en lui disant d’atten­dre pour sortir avec les blancs. Il refuse. On insiste, on le met en garde, mais il a son hon­neur, lui. Il garde la tête haute, et s’en va. Puis nous sor­tons, nous, effrayés, avec ces gens, un bon Français aux che­veux gris et à lunet­tes, une dame à talons, et des autres Blancs. Nous pas­sons devant les autres jeunes restés sur la place, qui sont main­te­nant contrô­lés par les flics, un à un, vers le pont Bonaparte. Je n’ai pas pu rete­nir mes larmes en criant aux badauds, une fois le bar­rage de flics passé sans encom­bres, sans même un arrêt : « Nous sommes passés parce que nous sommes blancs ! Elle est belle la France, hein ?! »
Plus tard dans les rues tou­ris­ti­ques du 5ème, je vois une télé­vi­sion dans un bou­chon. Je m’avance, une com­mer­çante me dit bon­soir, pen­sant que je suis une cliente. Je ne fais pas atten­tion, je tente d’aper­ce­voir des images de ce que je viens de vivre. La bonne Arbeiter me redit bon­soir, cette fois fer­me­ment, comme si je lui avais manqué de res­pect, comme à une gamine. Je la regarde dans les yeux et lui répond « Bonsoir. ». Je me retourne vers l’écran. J’entends la femme me lancer :« ah, la télé » comme si j’étais une mouche atti­rée par la lumière. Je réponds : « oui, je veux voir la pro­pa­gande ». « La pro­pa­gande ? » me lance-t-elle, d’un air à la fois moqueur et cho­quée. J’ai alors eu envie, pen­dant une frac­tion de seconde, de lui défon­cer la gueule. Mon fiancé m’a prise et m’a enle­vée de là, et je ne suis même pas arri­vée à pro­non­cer un mot intel­li­gi­ble. Nous sommes partis.
QUE DOIVENT RESSENTIR CES JEUNES CONSTAMMENT STIGMATISÉS SI MOI-MÊME JE PEUX RESSENTIR UNE TELLE HAINE APRÈS UNE APRÈS-MIDI ????!!!! RÉSISTANCE FACE A LA FRANCE QUI PUE !
Lapins


Bonjour,
Je suis un étudiant en phi­lo­so­phie et je vis à Lyon. Aujourd’hui, jeudi 21 octo­bre, alors que je me diri­geais de l’hôtel de ville en direc­tion de ma faculté, j’ai du emprun­ter la place Bellecour ; à savoir le chemin logi­que et normal.
En arri­vant à l’entrée de la place Bellecour à 14H30, je vis de nom­breux CRS pré­sents tout autours de la place, néan­moins aucun réel bar­rage n’était en place et les forces de l’ordre ne m’ont abso­lu­ment rien dit en me voyant arri­ver et se sont même sépa­rées dou­ce­ment pour me lais­ser passer. Je m’engage donc tran­quille­ment sur la place. Cependant, à l’autre extré­mité, je fais face à une ordre de CRS en posi­tion de blo­cage. Je décide de faire demi-tours, cons­ta­tant que l’ensem­ble des sor­ties de la place sont blo­quées de la même façon. Arrivant par là où j’étais entré sur la place, je cons­tate qu’un bar­rage de CRS vient d’être mis en place. Ceux-ci me refu­sent le pas­sage sous pré­texte des ordres du préfet alors même que quel­ques minu­tes avant ils venaient de me faire péné­trer sur la place.
C’est alors que com­mence un déten­tion avec plu­sieurs cen­tai­nes de per­son­nes sur la place, sans aucune raison.
Pire encore, durant cette déten­tion, je décou­vre que cer­tai­nes per­son­nes sont enfer­mées depuis 13H15, donc les forces de police m’ont laissé ren­trer en sachant par­fai­te­ment qu’il s’agis­sait d’un piège.
Pendant ma déten­tion, sachez que toutes les per­son­nes âgées, ou même non-jeunes pour être précis, ont pu partir sous pré­texte qu’elles « habi­taient la rue juste à côté ». Un véri­ta­ble fil­trage a opéré pen­dant cette période, afin que nous ne finis­sions qu’entre « jeunes », favo­ri­sant ainsi l’amal­game entre lycéens révol­tés et cas­seurs. Les forces de police ont été bru­ta­les, insul­tan­tes, face à des per­son­nes pro­fon­dé­ment calmes, cher­chant juste à com­pren­dre ce qu’il se pas­sait. C’est fina­le­ment après 5 heures que je pu sortir par le « Check-Point » mis en place à l’une des sor­ties. Là, sachez que je fus vic­time d’un contrôle d’iden­tité abusif, allant même jusqu’à pren­dre une pho­to­gra­phie de mon visage. Je sortis à 19H30, sans aucune autre expli­ca­tion. Enfin, durant les 5 heures d’enfer­me­ment, seule une ving­taine de per­son­nes ont osé se révolté, résul­tant d’une répres­sion aux gaz lacry­mo­gè­nes et tirs de jets d’eau à haute pres­sion. Qui, enfermé pen­dant 5 heures sans raison, insulté et dégradé par des forces de police, ne devien­drait pas fou ? L’état cher­che à engen­drer une haine chez les jeunes en les enfer­mant volon­tai­re­ment et en les pous­sant à bout. Ainsi, les diri­geants pour­rons, preu­ves à l’appui, dis­cré­di­ter au yeux de son peuple soumis et cré­dule l’enga­ge­ment des jeunes dans cette réforme.

Un troisème témoignage
Je suis écœuré. Difficile de trou­ver les mots. Pas l’habi­tude d’écrire. Mais je res­sens le besoin de témoi­gner tout sim­ple­ment. Je ne par­le­rai que de cette jour­née du Jeudi ici à Lyon Bellecour.
Ce matin vers 10h45, avant d’aller cher­cher mon enfant à l’école, quel­ques grou­pes d’étudiants regrou­pés, atten­dant pour mani­fes­ter. Aucune agi­ta­tion. Les forces de l’ordre encer­claient, contrô­laient déjà tous les accès. À noter en plus l’ héli­co­ptère(pas encore là à ce moment), les 2 tanks à eau... Je suis revenu vers 13h45, j’ai pu ren­trer sur la place et me poser vers la rue Emile Zola sur un banc comme la plu­part des lycéens. Quelques pas­sants... Et même une « baqueuse » avec bras­sard rouge, casque, bou­clier qui tra­ver­sait en solo d’un bout à l’autre à grands pas... À côté de moi, un groupe d’ado­les­cents. J’entends l’un d’eux dire : « J’ai envie de pisser ! J’en peux plus... ! » Un autre lui répon­dre ; « T’as essayé là-bas quai de Saône ? » Je regarde plus atten­ti­ve­ment et je vois en effet que chaque ado était refoulé par les crs. Soleil, un gros pétard qu’explose tran­quille­ment...calme plat.
Puis vers 14h00, retenti un méga­phone et cla­meur... Comme beau­coup d’autres, je me lève et pars en direc­tion de la place Antonin Poncet. Arrivé à l’angle, attrou­pe­ment de jeunes, qui comme moi vien­nent voir ce qui se passe. Je vois des dra­peaux : « Libérez nos cama­ra­des ! Libérez nos cama­ra­des ! » Je passe le contrôle...je sens un regard casqué se retour­ner vers moi et... rien.. Jean, blou­son, che­veux gri­son­nant, je passe.. La ten­sion monte.. Crs et Bac+ camion­net­tes cons­ti­tuent une cein­ture empê­chant l’inter­syn­di­cal et d’autres venus, côté place Antonin Poncet sou­te­nir et mani­fes­ter avec les lycéens, côté Bellecour... Les points se lèvent, des cris cou­vrent le bour­don­ne­ment de l’héli­co­ptère qui tourne au-dessus de nos têtes inlas­sa­ble­ment... Autour de moi, la ten­sion monte, en moi aussi... Situation blo­quée.
Cette situa­tion est restée blo­quée ainsi pen­dant plus d’un quart d’heure sans aucune hos­ti­lité. Du coup, j’ai pris le temps de regar­der de plus prêt les crs, leur équipement, mais aussi leur regard. J’ai vu des cyborgs.. Aucune dis­cus­sion pos­si­ble. Le rap­port de force (pro­tec­tion, équipements armés) est tel­le­ment dis­pro­por­tionné que je me suis senti agressé, menacé.. Puis, la ten­sion monte encore, encore et ce blo­cage de cette situa­tion absurde, amène quel­ques jets de pierre. Moi phy­si­que­ment, je ne savais pas quoi faire et j’ima­gi­nais qu’une percée pou­vait chan­ger le cours des choses et je la res­sen­tais phy­si­que­ment. Nous étions nom­breux, bien plus nom­breux qu’eux. Et par sur­prise, nous aurions réussi. Mais je me voyais mal crier ; " Allez, on fonce dedans... ! Non. Je reste debout. Des pier­res volent, j’attends et la pre­mière salve de lacrymo tombe. Des repré­sen­tants syn­di­caux avec des dra­peaux sem­blent par­le­men­ter. ça siffle, ça hue.. Mégaphone : faut rejoin­dre le cor­tège inter­syn­di­cal der­rière sur quai gaille­ton... Vers où ? Laisser les lycéens enfer­mer ? Partir sans eux ? Et aller où ? (Place Guichard). Un p’tit tour et puis s’en vont. Non. Pas envie. La situa­tion était là. Les dra­peaux flot­tent, côté Bellecour, fumée blan­che, les lycéens dis­pa­rais­sent.. Ah oui, j’ai pas bien com­pris mais y’a le dra­peau peace qu’arrive comme un tro­phée sous les accla­ma­tions.. Il se place en tête et là, j’ai même cru naï­ve­ment qu’on allait enfin ren­trer sur la place dra­peau peace en figure de proue. Bon j’abrège.
Tension, ten­sion, pétards, roue de vélo, héli­co­ptère, bal­lets des cyborgs, 2ème salve bien four­nie de lacrymo et là on recule tous jusqu’au quai et pous­ser jusqu’au début de la rue de la Barre. Pas mal de dra­peaux par­tent en direc­tion de Guichard, regrou­pe­ment, à nou­veau face à face police. Il devait être vers 16h. De loin, Bellecour sem­blait déser­ti­que. Je ne sais pas ce qui s’est passé exac­te­ment. J’ai entendu dire qu’il y avait eu gazage, matra­quage, tan­kage à eau... Sur qui ?, Pourquoi ? Il y a un fil­trage. Comment s’est-il opéré ?
Vers 17h00, je bouge de check­point, celui de la ré, je vois qques lycéens errer dans le vide, ensuite rue Émile Zola, là je vois un crs plai­san­ter, s’amuser à meno­ter une demoi­selle nanti en fai­sant mine de la trai­ner sur la place et faire recu­lons parce qu’il y avait un gradé. Je fais l’tour jusqu’au pont Bonaparte et là je vois plus d’une cin­quan­taine de lycéens les uns der­rière les autres. Ils sont fouillés, contrô­lés. Je demande à l’un d’entre eux qui vient de sortir si ils sont pho­to­gra­phiés. Il me dit que lui non, mais d’autres oui : « J’ai posé des ques­tions dit-il : » Qui pho­to­gra­phiez-vous, sur quels cri­tè­res ? On lui répond : « Eux par exem­ple, en sur­vê­te­ment... ! »
Il com­mence à faire nuit. Rue Antoine St Exupéry, un car avec des dizai­nes de lycéens prêt à partir... Un dra­peau rouge avec le visage de Che gue­vara : « Révolution- Solution ». Je quitte Bellecour. Si mon enfant s’était retrouvé enfermé sur cette place... J’aurais été capa­ble d’une agres­si­vité dif­fi­ci­le­ment contrô­la­ble. Mêmes les pier­res n’auraient pas suffi, encore moins les voi­tu­res retour­nées.. Ce qui est cassé par cer­tains est la marque d’une grande force, d’un grand cou­rage. . Consciemment ou inconsciemment, ces gestes arra­chent des mar­chan­di­ses alié­nan­tes dans un décor de rues murées de vitri­nes, va et vient incessant de voitures stres­sées, bruit, air irres­pi­ra­ble. Marchandises parmi les mar­chan­di­ses, où étes-vous parents ? Où êtes-vous vivants ?
[Mot à la modé­ra­tion ; J’ai sorti tout ce qu’y s’est extirpé de ma tête. Jetez ou publiez. Si trop long, faites ce que bon vous sem­blera, mais ne coupez pas pré­ci­pi­tam­ment .]


Appel à témoignage

Comité de lutte :
Nous appe­lons toutes les per­son­nes pré­sen­tes à Bellecour, ce jeudi 21 octo­bre et vou­lant témoi­gner de ce qu’il s’est passé à nous contac­ter rapi­de­ment. Il est néces­saire d’infor­mer la popu­la­tion sur cet évènement, les médias ne fai­sant que relayer la pro­pa­gande gou­ver­ne­men­tale. Le comité de lutte sou­hai­tant orga­ni­ser une confé­rence de presse, nous avons besoin de vos témoi­gna­ges. Pour nous contac­ter : mailto:comitedelutte@gmail.com



Témoignage vidéo :
Pour par­ti­ci­per au recueil vidéo (au besoin avec mas­quage des visa­ges) des témoi­gna­ges à propos du tra­que­nard poli­cier qui a été orga­nisé place Bellecour les 19 et 21 octo­bre der­niers, vous pouvez join­dre la per­sonne qui s’en occupe aux coor­don­nées sui­van­tes : jf.buire@free.fr ou le 06.83.56.34.27




Le rendez-vous
Ce mardi, 26 octobre 2010, les syndicats des étudiants et lycéens appellent à un rassemblement à 14h00 devant le siège dépar­te­men­tal de l’UMP (25 rue du pré­­si­­dent Edouard-Herriot - Lyon 2ème).

Pour qui cette réforme ?, ici :

lundi 25 octobre 2010

A nos lecteurs arabophones
L’ACTE D’ACCUSATION ET L’ASSASSINAT DE L’ETAT
(Talal Soulmane)

http://www.alintiqad.com/essaydetails.php?eid=37570&cid=55

mardi 19 octobre 2010

Ça bouge également au Pays des Cèdres…

Manifestation de la Fédération nationale des ouvriers au Liban (FENASOL) contre la politique économique du gouvernement Hariri



Des centaines d’ouvriers et de jeunes, ont répondu, dimanche, à l’appel de la FENASOl pour manifester contre la cherté de la vie et le chômage et pour préserver la sécurité sociale et la paix civile dans le pays.

Au premier rang de la manifestation, on pouvait voir : Castro Abdallah, président de la FENASOL, Mercel Mercel, Abul-Amir Najdi, Hanna Gharib, président de la ligue des enseignants du secondaire, et Marie Nassif-Debs, secrétaire générale adjointe du PCL ainsi que plusieurs dirigeants du Parti.

Les manifestants, qui ont parcouru les rues de la capitale Beyrouth jusqu’au siège du gouvernement, au centre ville, ont scandé des slogans contre la hausse des prix, surtout le pain, mais aussi contre les nouvelles taxes et les impôts indirects qui grèvent le budget, déjà réduit, des travailleurs et des salariés, en général.

A la fin de la manifestation, Castro Abdallah a fait un discours succinct dans lequel il a exprimé la colère des salariés qui ne peuvent plus supporter les conditions dans lesquelles ils vivent, surtout que les crises s’accélèrent dans tous les domaines sans jamais trouver de solution. Il a stigmatisé les politiques adoptées selon les conseils du FMI et de la Banque mondiale, menant le Liban vers la privatisation de tous les services essentiels, y compris la santé ; sans oublier l’augmentation de la dette publique qui a déjà dépassé les 51 milliards de dollars
.
DSK APPLAUDI A BRUXELLES ET PARIS


Si DSK avait été à Bruxelles le 29 septembre, jour de la manifestation européenne des salariés contre les politiques d'austérité qui affectent la protection sociale, l'emploi et les salaires, il aurait certainement été sifflé par les manifestants. Cela me fait penser à une amie qui, à chaque manifestation contre la réforme des retraites dans les rues de Paris, interpelle les socialistes qui manifestent: "DSK est-il présent? Strauss-Kahn est-il dans la manif?". Par contre, DSK a été applaudi à Bruxelles à plusieurs reprises par les ministres de l'économie et des finances de l'Union européenne ou par les chefs d'État et de gouvernement à chaque fois qu'il participe à leurs réunions pour leur livrer analyses et conseils. "La crise est une opportunité", proclame-t-il en approuvant les coupes sombres dans les budgets nationaux. DSK a aussi été applaudi à Madrid par le gouvernement espagnol "qui a bien réagi à la crise mais il reste beaucoup à faire en terme de réformes structurelles, notamment d'assainissement du marché du travail". Réponse des salariés et de leurs syndicats à cette provocation: grève générale le 29 septembre!

A Dublin, le FMI (Fonds monétaire international), sous la houlette de DSK, juge que le gouvernement irlandais, qui a déjà opéré d'importantes coupes budgétaires et imposé des baisses de salaires et des prestations sociales, n'en a pas encore fait assez et lui demande de "procéder à de nouvelles coupes budgétaires pour garder la confiance des marchés". Garder ou gagner la confiance des marchés semble être le seul véritable objectif du FMI, avant comme après l'arrivée de son nouveau directeur. Comme le soulignait l'éditorialiste du "Monde", Pierre-Antoine Delhomais, le 10 mai 2010: "Il faut des lunettes en 3D pour déceler des différences entre le FMI d'avant DSK et sous DSK". A Budapest en 2008, l'aide du FMI de 20 milliards d'euros n'a été attribuée qu'en respectant certaines conditions très contraignantes: relèvement de la TVA de 5%, report de l'âge légal du départ à la retraite, gel des salaires des fonctionnaires pendant deux ans. Résultat: les sociaux-démocrates, qui ont appliqué cette potion amère du FMI, ont perdu les élections législatives en mars 2010 et ouvert un boulevard à l'entrée de l'extrême-droite au parlement. La liste est longue des pays où le FMI, le plus souvent avec l'aide de l'Union européenne, a conditionné son "aide" financière à des plans d'austérité et des réformes antisociales (Grèce, Lettonie, Roumanie, Ukraine...) et mis ces pays à genoux.

En pleine bataille sur les retraites en France, la FMI a expliqué qu'une "augmentation de deux ans de l'âge de départ à la retraite suffisait à stabiliser la part des pensions dans le PIB entre 2010 et 2030". Nicolas Sarkozy ne doit pas regretter d'avoir appuyé la candidature de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI! Réponse du peuple français à Sarkozy et DSK: plus de 3 millions de manifestants et une lutte qui continue pour le rejet du projet de réforme des retraites. Plus généralement, ne faudrait-il pas exiger la suppression du FMI qui est, avec la Banque mondiale, une véritable machine de guerre contre les peuples? Le FMI supprimé, DSK pourrait revenir en France comme ... ministre de Sarkozy! Une récompense pour services rendus!

JEAN- PAUL LE MAREC




LIBAN RESISTANCE

Si Sarkozy et son gouvernement tiennent encore, malgré la pression populaire (plus de 71% des français soutiennent les mouvements de grève et de manifestation ; 3,5 millions de manifestants), c’est bien grâce au soutien de DSK et de son FMI.


Il n'y a pas que le peuple de France qui subit,mais aussi celui de notre Liban...

dimanche 17 octobre 2010

Jérusalem Est

Un colon tente de tuer un adolescent palestinien en le renversant.


Il faut qu’ils ne soient pas de cette terre, celle de la Palestine, pour qu'ils commettent de tels actes.


Qu’ils rentrent dans leurs pays respectifs.

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vendredi 15 octobre 2010






BOYCOTT DE L’OREAL






Boycott de L’OREAL : "parce qu’il le vaut bien" !

La campagne palestinienne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) appelle au boycott de l’Oréal, en raison de son soutien actif à la colonisation israélienne.
Voir le communiqué ci-dessous.

L’OREAL, POUR MAQUILLER L’APARTHEID ISRAELIEN

Le Comité National Palestinien BDS en appelle aux consciences des citoyens du monde et demande à ceux-ci de boycotter tous les produits du géant français des cosmétiques L’Oréal, en raison de sa profonde et intensive implication dans les relations d’affaires avec Israël.
Ceci en dépit de la poursuite et de l’amplification de la colonisation, et en dépit des politiques d’apartheid menées à l’encontre du peuple palestinien.

L’Oréal, dont le passé n’est guère glorieux, puisque son propriétaire finançait dans les années 1930 la Cagoule, organisation fasciste et antisémite, s’est reconverti dans les années 1990 dans une étroite collaboration avec Israël.

Ainsi, L’Oréal Israël, la filiale du groupe en Israël, exploite une usine située dans la ville israélienne de Migdal Ha’emek, en basse Galilée. La colonie de Migdal Ha’emek a été établie en 1952 sur des terres appartenant au village palestinien, ethniquement nettoyé, de Al Mujaydil. Village dont les habitants originels se voient toujours niés le droit au retour dans leurs maisons.

Comme presque toutes les colonies juives construites en lieu et place des villages palestiniens de Galilée, dans l’Etat d’Israël, Migdal Ha’emek pratique la discrimination envers les citoyens palestiniens d’Israël, leur déniant le droit d’acheter, louer ou simplement vivre dans cette ville, sous le prétexte qu’ils sont « Non-Juifs ».




Par Thierry Meyssan
Paris (France)
3 mars 2004
Voltaire, édition internationale

Le géant de la cosmétique, L’Oréal, vient d’annoncer la restructuration de son capital. Ainsi disparaît le holding de contrôle créé par Eugène Schueller pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le fondateur du groupe était aussi l’un des grands financiers du complot de la Cagoule et du nazisme français. A la Libération, la société et ses filiales étrangères servirent de refuge aux criminels en fuite.

Aujourd’hui, l’héritière du groupe, Liliane Bettencourt, est devenue la femme la plus riche de France. L’histoire du groupe éclaire la face cachée de la politique française contemporaine.



mercredi 13 octobre 2010



Le Grand Capital Sans Frontières frappe partout…

Le Peuple de France, à travers sa classe ouvrière, ses salariés du privé comme du public, sa jeunesse et ses familles, au-delà de toutes les générations, lutte pour préserver ses acquis sociaux ciblés par le pouvoir néo libéral.

Cette lutte ne pourra aboutir que par sa radicalisation : Grève générale illimitée fortement soutenue financièrement et moralement par le Peuple.



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La réalité des choses...en France



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La Jeunesse est dans la rue : elle est consciente de l'enjeu










Au Liban, le F.M.I. d’un certain nommé DSK exige du gouvernement encore plus de rigueur alors que le peuple est déjà pleinement dans le gouffre de la surexploitation, la précarité des emplois et l’extrême pauvreté.

L’Opposition alliée à la Résistance devra enfin porter le changement revendiqué par le Peuple, ceci comme unique réponse à exprimer face aux seigneurs du F.M.I.

dimanche 10 octobre 2010

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Les vidéos de cette page risquent fort de choquer les personnes sensibles et les enfants de moins de dix huit ans.
CONTRE L'OUBLI...



Avril 1996 - QANA


Qana - Sud Est de Tyr, à 11,4 km







Qana

Leurs missiles intelligents, puis...

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Avril 1996 - Mansouri

Mansouri - Sud de Tyr, à 10,4 km



Mansouri

Leurs missiles intelligents, puis...

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vendredi 8 octobre 2010







Sayyidi, tu as planté le millionième arbre sur ta propriété…

Sayyidi, comme tu le dis, si chaque citoyen faisait pareil, nos lieux de vie seraient le paradis…

Sayyidi, j’irai plus loin : « Si tout citoyen, sortant de chez lui pour pique-niquer quelque part dans la nature, prenait un sac pour éventuellement ramasser les ordures et toutes sortes de pollution, notre Liban serait alors encore plus beau et plus reconnaissant… »


Sayyidi, ma mère, avant qu’elle ne fuie la terreur fasciste des Gemayel et Geagea, avait, lors de sa visite de la forêt des cèdres de Bchareh, voulu acquérir un plant.

Ma Mère : « Je souhaiterai acquérir un de ces plants mais je sais que cela me coûterait un peu cher. »

Le vendeur : « Madame, désolé. »

Ma Mère : « Mais tu ne peux pas me le refuser car je dois le planter sur mon sabil* dédié à Saint Georges (Mar Geries). »

Le vendeur : « Saint Georges ?!!! Je lui offre ce plant. »

Ainsi, ma Mère de retour à domicile, avec cette offre dans ses mains, ne tarda pas à se mettre en besogne : le plant était déjà enraciné sur terre.

……….
……….


Un jour de la mi-quinzaine d’avril 1976, les milices phalangistes assiégèrent la demeure et y pénétrèrent de force.

Ma mère fut humiliée ; on lui reprochait d’avoir mis au monde un communiste.
……….
……….


Ma mère, de peur de perdre ses chers, s’était alors, en compagnie de toute la famille, réfugiée en France.



Elle se trouve en ce moment, après plus de trente quatre années de souffrances, à l’hôpital de Salon de Provence, luttant contre le cancer…

Ses propos que je viens juste d’écouter :


« Peu importe…Pourvu que le jeune cèdre grandisse sur une terre connue pour son noble idée :
وطنٌ حر و شعبٌ سعيد »


Photo du Sabil et du jeune cèdre, prise le 5 août 2010







sabil* : Espace privé ouvert au public, dédié à un saint chez les chrétiens maronites libanais. L’espace en question est toujours ravitaillé en eau par une source située au plus haut sommet du village, connu sous le non de « Mar-Geries-Le-Haut »

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La lettre « م »


Mère,
Pourquoi tes mains sont-elles ligotées ?
Tes douces mains,
qui caressaient
mes réveils matinaux et froids d’hiver…
Cette main droite
qui tenait fermement la mienne
partie à la découverte de la lettre et du chiffre…

Mère,
Pourquoi tes yeux sont-ils bandés ?
Ces yeux doux d’une lumière céleste
qui veillaient sur mes premiers pas sur cette terre, la Palestine,
la tienne…la mienne.

Mère,
Ne pleure pas,
désormais,
une lettre résumera ma vie
en deux mots :
Mama,….Mouqawama…ماما...مقاومة

jeudi 7 octobre 2010



OCTOBRE, LE MOIS DE LA CUEILLETTE DES OLIVES



ON INTERDIT A MEYS EL JABAL DE CUEILLIR SES OLIVES
(Meys El Jabal - 6 octobre 2010)





Une patrouille sioniste a menacé de ses armes les paysans propriétaires des oliveraies situées sur le territoire de Meys El Jabal, dans le secteur frontalier. Les paysans voulaient, comme à chaque époque du mois d’octobre, cueillir leurs olives.

Comme si ces menaces à l’encontre de nos paysans ne suffisaient pas, des unités du contingent népalais de la Finul étaient intervenues pour leur interdire l’accès à leurs oliveraies.

Suite à cet incident, l’armée libanaise fut interpelée par les habitants de Meys El Jabal qui ne demandent que de pouvoir récolter leurs olives.

Comme d’habitude, on poursuit la victime tout en ignorant l’agresseur.

Sans doute, les Gemayel, Geagea et Sanioura accuseront les habitants de Meys El Jabal de « hors la loi » ainsi que le territoire de Meys El Jabal, avec ses oliveraies, d’être « hors de l’Etat de Droit ».

Même sort pour les fermes de Chebaa, pour Kfar Chouba et ses collines ou encore pour Ghajar…



Des photos qui racontent et témoignent…


Le centre de Meys El Jabal à 1,28km de la ligne "bleue"





Meys El Jabal en hiver




Meys El Jabal en été



Ghajar coupé en deux (la ligne jaune représente ce que la Finul nomme « la ligne bleue »


Kfarchouba, après le passage des "civilisés"

Kfarchouba la belle et rebelle









Des balançoires qui irritent l’armée
la plus « démocratique »,

comme la qualifie l'Occident Impérialiste








Les sionistes menacent ; ils veulent la disparition de ces balançoires installés sur le territoire libanais, face aux colonies.


Ce petit jardin et ces balançoires ont été installés par le conseil iranien d'aide à la reconstruction du sud, après la destruction du pays par les sionistes en juillet – août 2006.

Le 14 octobre, le président iranien viendra inaugurer cette nouvelle construction au sud.

Et les sionistes sont furieux, mais furieux... et ils menacent.

Ils ont déjà mobilisé les chancelleries européennes pour faire pression sur notre Président de la République, pour ne pas recevoir le président iranien.


Bienvenu Monsieur le Président…
Khosh Amedid !





dimanche 3 octobre 2010



PRESERVONS LES ACQUIS POUR NOS ENFANTS

NON A LA REFORME DE LA RETRAITE



AU PAYS DE JEAN MOULIN
ILS ETAIENT PLUS DE 40.000 A SCANDER :
A CEUX QUI VEULENT CASSER NOTRE RERAITE LA RUE REPOND :
« RESISTANCE…RESISTANCE…RESISTANCE »


"LIBAN RESISTANCE" APPELLE LES FAMILLES FRANCO-LIBANAISES ET LEURS JEUNES A RESTER MOBILISES



Ci-dessous, quelques parties vidéos de cette manifestation




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Partie 1

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Partie 2

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Partie 3

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Partie 4

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Partie 5

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Partie 6

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Partie 7

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Partie 8

CE QUE PENSE "LIBAN RESISTANCE"

NI LES GREVES REPETEES, NI LES MANIFESTATIONS CONCLUANT CHAQUE FOIS PAR DES POLEMIQUES SUR LES CHIFFRES NE FERONT RECULER SARKOZY

SEUL UN GRAND SACRIFICE POURRA LE FAIRE :
ARRETER LA MACHINE ECONOMIQUE JUSQU'AU RETRAIT DE LA REFORME :

GREVE GENERALE

L'ENJEU EST SI IMPORTANT QU'IL MERITE BIEN UN MOIS DE SALAIRE...


A QUI VEUT BIEN NOUS ECOUTER…
VIOLATIONS DE LA RESOLUTION 1701 PAR L’ENTITE SIONISTE
RECORD BATTU CE SAMEDI 2 OCTOBRE 2010


Communiqué de l’armée libanaise

Samedi, 2 octobre 2010, 07h50, un appareil d’espionnage israélien a violé l’espace aérien libanais en y pénétrant à partir de la localité Rmeïch.

Les manœuvres d’espionnage se sont déroulées au-dessus de la région du Sud jusqu’à 17h45, heure à laquelle l’appareil quitta notre espace au-dessus de la localité d’Alma Al Chaab.




Où est Fouad Sanioura qui, il y a quelques jours, avait déclaré, je cite : « Le TSL n’accusera pas des innocents… » ?

Où est Samir Geagea, chef des Forces Libanaises et fer de lance du fascisme libanais qui ne cesse de nous rabâcher ses « attachements » à un Etat de Droit et à la souveraineté de notre pays. ?

Où est le jeune cadre dynamique des forces phalangistes, Nadim Gemayel, qui, pas plus qu’hier, appelait la jeunesse de la diaspora libanaise à s’investir dans « la chose publique » et dans « la vie politique » et à combattre notre Résistance. ?

samedi 2 octobre 2010





Pour le retrait des forces déployées par la CIA et le MOSSAD israélien en Amérique latine

Le Parti Communiste libanais dénonce la tentative du coup d’Etat américain en Equateur


Le Bureau politique du Parti Communiste libanais dénonce la tentative du coup d’Etat, commandité par les Etats-Unis et perpétré par les forces réactionnaires équatoriennes, contre le président Rafael Correa, élu démocratiquement et bénéficiant d’une très large majorité populaire.

Ce coup d’Etat rappelle, dans tous ses détails, ce qui s’était passé au Honduras en juin 2009. Les Etats-Unis, dont les intérêts se trouvent lésés par les changements démocratiques survenus dans une large majorité des pays de l’Amérique du Sud, tentent de rasseoir leur domination ébranlée par le recours à toute sorte de violences et d’exactions : blocus, assassinats, coups d’Etat, immixtion. Ils utilisent leur présence et leurs bases militaires afin d’imposer aux pays de la région des gouvernements militaires et répressifs.

Voilà pourquoi le Bureau politique du Parti Communiste libanais se déclare solidaire avec le peuple équatorien et son président. Il appuie les revendications des peuples de l’Amérique latine visant à démanteler toutes les bases étasuniennes dans cette région et à retirer les forces déployées par la CIA et le MOSSAD israélien.

Il appelle toutes les forces politiques de gauche ainsi que tous les démocrates à contrer les agressions de l’impérialisme étasunien et de ses alliés au sein de l’OTAN, mais aussi à appuyer tous ceux qui luttent pour leurs droits inaliénables.


Beyrouth, 2 octobre 2010
Pour le bureau politique du PCL
Marie Nassif-Debs
Secrétaire générale adjointe
Responsable des affaires internationales

vendredi 1 octobre 2010



"Penses-tu qu’il y aura du monde dans les rues ce samedi 02 octobre ?(*)"

"j’espère"

"t’y vas comment ?"

"en famille... Hyam, les enfants et le chien"

"Hyam aussi ?"

"bien sûr... elle aussi est concernée par cette maudite réforme"

"à quel titre ?"

"elle est franco-palestinienne"

"comme Salah"

"Salah qui ?"

"... !?"
Al Faraby
Vendredi, 1er octobre 2010
http://www.aloufok.net/spip.php?article2543



LIBAN RESISTANCE

appelle les familles franco-libanaises à participer en masse à la manifestation contre la réforme de la retraite prévue ce samedi 2 octobre 2010.

Dépassons notre égoïsme et manifestons tous ensemble pour préserver les acquis sociaux à nos enfants…


A nos lecteurs arabophones

LIBAN
"Défendre le pain et la résistance relève d'un seul projet indivisible"
( Khaled Hdadé, secrétaire général du PCL )

http://www.aloufok.net/spip.php?article2541



Nadim Gemayel à L’OLJ :
Les jeunes doivent s’investir dans la chose publique pour défendre la raison d’être du Liban

Par Michel TOUMA 01/10/2010

M. Nadim Gemayel, député de Beyrouth, est arrivé hier à Bruxelles pour une visite de plusieurs jours au cours de laquelle il aura une série d'entretiens avec des parlementaires européens, à l'initiative du ministère hollandais des Affaires étrangères. Peu après son arrivée, M. Gemayel s'est rendu au siège du Parlement européen et a tenu des réunions avec plusieurs députés. Il s'est en outre entretenu avec le directeur du département du Moyen-Orient au ministère hollandais des AE avec lequel il a notamment discuté de l'action du Tribunal spécial pour le Liban.
Avant son départ, M. Gemayel a accordé à L'Orient-Le Jour une interview, exposant les objectifs de sa visite au Parlement européen et évoquant par la même occasion les dossiers brûlants de l'actualité locale.


« L'un des buts des entretiens avec les parlementaires européens est de sensibiliser ces derniers à la nécessité de consolider un Liban indépendant, souverain et libre, d'autant que cette indépendance et cette souveraineté sont aujourd'hui bafouées, a notamment déclaré Nadim Gemayel. Dans tous nos contacts avec les responsables étrangers ainsi qu'avec les chancelleries étrangères, nous mettons l'accent sur le fait qu'il existe au Liban un peuple qui pâtit des ingérences syriennes et iraniennes et qui endure du fait de l'arsenal militaire du Hezbollah, lequel tente d'imposer son hégémonie sur l'État. »
D'une manière plus spécifique, M. Gemayel souligne que le problème de la désaffection des jeunes Libanais à l'égard de la chose publique et de la vie politique sera l'une des questions qu'il discutera avec ses interlocuteurs européens. Pour le député de Beyrouth, ce problème est en effet lié, par ricochet, aux fondements culturels, aux spécificités, aux valeurs, qui ont caractérisé, à travers l'histoire, le pays du Cèdre. Car si les jeunes du Liban se désintéressent de la vie politique de leur pays, c'est précisément parce qu'ils ont le sentiment que les valeurs auxquelles ils croient s'estompent de plus en plus.
Pour M. Gemayel, défendre la vocation historique du Liban, les fondements du Liban-message, sanctuaire des libertés, de l'ouverture, du libéralisme et des droits des minorités dans cette partie du monde, est une façon indirecte de juguler l'hémorragie des cerveaux dont le pays est le théâtre depuis de longues années. Et inversement, pour défendre et préserver la raison d'être du Liban, il est aussi nécessaire que les jeunes s'impliquent davantage dans la chose publique et dans la vie politique du pays. « Nous devons miser sur les jeunes pour édifier l'État auquel nous aspirons, souligne M. Gemayel sur ce plan. Il est nécessaire d'inciter les jeunes qualifiés et l'élite à revenir au Liban et à se sentir concernés par ce qui se passe dans le pays. Cela nécessite des initiatives, l'exécution de certains projets dans le but de stimuler à nouveau les jeunes à s'investir dans la chose publique. »
Mais comment serait-il possible d'inciter les jeunes à s'engager dans la vie politique lorsqu'ils sont confrontés à une situation de crise chronique, lorsqu'ils voient que le Hezbollah tente d'imposer aux Libanais l'édification d'une société guerrière, fondée sur le culte de la mort, à l'ombre d'un climat de conflit permanent ? « C'est précisément à ce niveau que se situe notre mission, souligne Nadim Gemayel, et c'est l'un des points que nous allons soulever dans le cadre de nos entretiens avec les députés européens. La ligne de conduite du Hezbollah et des alliés de la Syrie au Liban reflète une politique de destruction systématique et un travail de sape des valeurs auxquelles nous croyons, à savoir les libertés, le libéralisme, les pratiques démocratiques, la recherche de la paix. Un tel travail de sape se répercute négativement sur l'économie, le niveau de l'éducation et de la culture. D'où la nécessité de combattre le projet du Hezbollah et les tentatives de rétablir la tutelle syrienne. Ce combat est nécessaire pour des considérations géopolitiques, ce qui intéresse au plus haut point les pays européens, et il est nécessaire aussi afin de réduire l'émigration des jeunes. L'enjeu dépasse donc le cadre libanais en raison de ce que représente le Hezbollah à l'échelle régionale et en raison aussi des implications possibles d'un éventuel renforcement de l'influence syrienne. D'où le fait que nous avons besoin de l'aide internationale, des pays arabes et du monde libre. »
M. Gemayel rappelle dans ce contexte que des résolutions internationales, notamment la 1559 et la 1701, ont été adoptées en faveur du Liban et il faut donc œuvrer à les mettre en application. « Grâce à ces résolutions, précise le député de Beyrouth, nous avons les moyens juridiques et légaux d'édifier un État de droit, mais ce qu'il nous faut à cet égard c'est la volonté politique. »


Le tribunal international et les repères

Évoquant le dossier du Tribunal spécial pour le Liban et, d'une manière générale, les assassinats politiques au Liban, Nadim Gemayel s'élève contre le fait que le Hezbollah et les alliés de la Syrie tentent de modifier les repères des Libanais. « Nous risquons de perdre les repères du bien et du mal, de ce qui est faux et ce qui est juste, précise sur ce plan le député de Beyrouth. Ce qui est faux, c'est l'attentat du 14 février, et ce qui est juste, c'est d'avoir une justice qui puisse réclamer des comptes. L'importance du tribunal international réside précisément dans le fait qu'il contribue à rétablir les repères justes de manière claire. D'aucuns cherchent à modifier les repères en imposant le fait que lorsqu'un crime est commis, personne n'est responsable et personne ne doit payer le prix. »
Pour M. Gemayel, le but du TSL est de rétablir les critères justes sur ce plan, afin que, pour chaque crime commis, le coupable soit condamné. « Tout le monde soupçonne la Syrie d'avoir commandité les assassinats de Kamal Joumblatt, Bachir Gemayel et René Moawad, déclare dans ce cadre Nadim Gemayel. Lorsque la Syrie commet tous ces crimes, il n'est pas surprenant qu'elle puisse perpétrer l'attentat qui a coûté la vie à Rafic Hariri. Sauf que, cette fois-ci, nous avons la possibilité réelle que ce meurtre soit sanctionné par un tribunal international juste et équitable. » Et d'ajouter : « Même si le prix est lourd à payer, il est préférable de l'assumer une fois pour toutes afin de ne pas faire face chaque quelque temps à de nouveaux assassinats politiques. En quelque sorte, c'est parce que les assassinats de Kamal Joumblatt, Bachir Gemayel, René Moawad et d'autres sont restés impunis que les assassinats politiques se sont poursuivis. J'ai ainsi la conviction que le TSL, en rendant un verdict juste, contribuera à renforcer l'État de droit. »
M. Gemayel relève, à l'appui de son argumentation, que le TSL « ne concerne pas uniquement la famille Hariri ou les familles des martyrs du 14 Mars ». « En quelque sorte, souligne-t-il, ce tribunal international est un message d'espoir aux jeunes, en ce sens que jamais au Liban les coupables des assassinats politiques ont été jugés. Aujourd'hui, il est temps que cela change. En tant que jeunes, nous en avons assez de voir tous ces assassinats perpétrés sans qu'une instance judiciaire ne réclame des comptes. »
Dans un souci de parfaire sa vision de l'action politique, notamment au niveau des jeunes, Nadim Gemayel établit un parallèle digne d'intérêt entre la situation présente et le contexte du début de la guerre libanaise. « Dans les années 70, les jeunes ont pris les armes et combattu pour défendre la cause de la liberté et de la souveraineté, et ils étaient prêts à consentir d'importants sacrifices, souligne M. Gemayel. Aujourd'hui, il ne s'agit plus de porter les armes. Les jeunes devraient plutôt s'engager dans l'État, dans les institutions afin de défendre cette même cause. L'approche est donc nouvelle et le mode de combat est différent. »
Une telle approche est certes séduisante. Sauf que l'effort de construction ne saurait aboutir aux résultats escomptés lorsqu'en face une faction s'obstine à détruire tout ce qui pourrait être construit...










REPONSE D’UN LIBANAIS REFUGIE EN FRANCE DEPUIS 1976



Je n’aborderai pas dans ma réponse à Nadim Gemayel et à Michel TOUMA tous les sujets évoqués ; je me contenterai seulement de deux :

1-Les causes qui, depuis les années quarante, incitent notre jeunesse à quitter le Liban.

2- les années noires vécues par la région du Metn, plus précisément les années 70 évoquées par Nadim Gemayel.



1-Les causes qui, depuis les années quarante, incitent notre jeunesse à quitter le Liban.

Les droits fondamentaux bafoués par un système obsolète

Depuis les années quarante, la chose publique et la vie politique sont gérées par un système qui, de par sa nature, est contradictoire avec les aspirations populaires et notamment avec celles de notre jeunesse.

A titre d’exemple, ce système conçoit un concours administratif en déclarant les postes pourvus et l’admission à concourir sous l’unique critère de l’appartenance religieuse, rejetant d’emblée le savoir, la compétence et l’expérience. Comment alors voulez-vous qu’un jeune diplômé puisse bâtir son avenir dans un tel contexte : Pour tel concours, six postes à pourvoir, quatre pour les sunnites, deux pour les chiites. Les candidatures maronites sont d’emblée rejetées.

Cette année, le ministère de la justice avait, par manque de candidatures, annulé un concours. Pourtant, plusieurs personnes avaient fait la demande d’inscription, sauf qu’aucune ne répondait au fameux critère d’appartenance confessionnelle relatif aux postes pourvus.
Comment voulez-vous qu’un jeune puisse accéder à la chose publique et à la vie politique, en lui imposant un tel critère, alors que sa citoyenneté libanaise suffirait ?

Je pousse plus loin mon interrogation, à quelle absurdité a-t-on affaire lorsqu’on me prive d’accéder à la Présidence du Parlement pour la simple raison que je suis maronite ou sunnite ou encore lorsqu’on me prive d’accéder à la Présidence de la République car le hasard a voulu que je sois chiite ?


Libéralisme si cher à Nadim Gemayel ? Parlons-en.

Août 2010, lors de mon séjour dans mon pays, j’ai rencontré des amis dont un est professeur d’école. Pour pouvoir subvenir aux besoins de sa famille, il attend la fin de la journée scolaire pour se transformer en chauffeur de taxi durant une bonne moitié de la nuit. Il m’a confié qu’il avait récemment entamé des démarches pour quitter définitivement le pays.

Un second ami, professeur d’université, me confia (discrètement car son entourage ne devra pas le savoir ; vous devinez pourquoi, n’est-ce pas ?) qu’il avait un second emploi de nuit : gardien dans une entreprise.

Un autre ami, ingénieur, a par contre pu obtenir un contrat de travail avec une société basée à Dubaï.

Toujours Août 2010, lors de ma visite de la citadelle à Tripoli, le hasard a voulu que je rencontre une des familles pauvres de cette ville : une famille composée de plus de six enfants vivant tous dans un domicile dont la superficie n’atteint pas les dix mètres carrés ; la cuisine ne pouvait même pas accueillir deux personnes à la fois et par manque d’espace, cette famille a eu l’idée de superposer les lits.
Malgré l’extrême pauvreté dans laquelle elles étaient plongées, les deux sœurs aînées poursuivaient avec réussite leurs études dans des conditions de confort telles qu’à la lumière des bougies ; il faut savoir qu’en ce moment, plusieurs régions du pays subissent des coupures de courant ; le libéralisme a d’autres soucis que d’assurer le minimum de vie décente au peuple.

Dans mon village, le service des routes n’a même pas le minimum des moyens pour entretenir les voies ; pire encore, par manque de compétences et d’expérience, ainsi que par manque de matériaux, il avait aménagé au bord de la chaussée un fossé pour la récupération et le ruissellement des eaux pluviales, sauf que les dimensionnements furent conçus de manière à se réduire en aval. Conclusion, à chaque forte pluie, plusieurs propriétés privées se trouvent inondées.

Manque de moyens et de technicité de nos services, quel que soit le domaine d’intervention, est la dernière des préoccupations du libéralisme.

Les années passent et on assiste au basculement dans l’extrême pauvreté une bonne partie de la classe moyenne, jadis plus ou moins aisée.

La rigueur ronge la vie quotidienne des familles au point de voir les enfants privés d’école et jetés dans le marché de l’emploi précaire et de l’exploitation.

Ainsi les richesses sont créées et ceux qui les produisent n’en profitent pas.

La protection sociale et l’éducation sont également ciblées par cette rigueur ; de plus, elles ne sont pas les seules à voir leurs défaillances générées par cette rigueur, inscrites au registre des « bienfaits » du libéralisme. La pollution des eaux censées être potables, la précarité des équipements d’assainissement ou leur défaut dans plusieurs régions, l’environnement pollué, l’anarchie de l’urbanisme y sont également inscrits.

Les caisses de l’Etat, si elles ne sont pas dérobées, servent à maintenir en vie les travailleurs.

Les fonctionnaires ne pouvant pas échapper à l’ordre libéral et devant satisfaire les besoins de leurs familles, ont recours à la corruption.

Août 2010, voulant obtenir un simple certificat de nationalité, je me suis renseigné auprès des voisins pour connaître les formalités appliquées à ce jour : faire directement la demande auprès du service compétent sans oublier la somme d’argent à remettre au fonctionnaire qui aura à traiter le dossier ; sinon, vous risquerez d’attendre des mois, voire une année entière pour pouvoir obtenir cette pièce, avec bien sûr le passage obligé par la corruption. Normalement, la délivrance de ce certificat devrait être gratuite.

Il y a même eu récemment de ventes de faux diplômes universitaires ; quant à la pratique de délivrance de permis de conduire sans subir un examen, en contre partie d’une somme d’argent, elle est monnaie courante ; ce qui entre autre explique la multiplication des accidents de la route et surtout le non respect du code.

Les effets du libéralisme si cher à Nadim Gemayel n’épargnent même pas les organisations non gouvernementales ou associations de défense qui fleurissent dans le pays afin de combler le vide généré par l’absence de l’Etat.
Lors de ma visite d’une des plus belles forêts de cèdres, celle de Becharré, j’ai eu l’occasion de rencontrer un des bénévoles qui a à sa charge d’entretenir les nouveaux plants. A la question de savoir si l’association recevait une subvention de l’Etat, la réponse fut nette et précise :
de quel Etat parlez-vous ; quel est ce machin que vous évoquez ?

Revenons donc à notre jeunesse.

Son seul espoir ne peut être que d’abord dans le changement démocratique éradiquant le confessionnalisme de la chose publique et de la vie politique.
Ce système imposé par le mandat français dans les années quarante est incompatible avec les aspirations de la jeunesse.


Les jeunes restés dans le pays ou ceux l’ayant quitté devront rejoindre la lutte pour ce changement. L’enjeu est grand car c’est de l’avenir de notre Liban dont il s’agit.

Ensuite notre jeunesse devra lutter pour l’abolition du libéralisme et son remplacement par le socialisme à visage humain, parfaitement adapté à notre Liban et seul pouvant lui permettre d’accéder à la fois au progrès et à la justice sociale et d’assurer à son pays sa pleine souveraineté.



2- les années noires vécues par la région du Metn, plus précisément les années 70 évoquées par Nadim Gemayel.

Avril 1976, deuxième quinzaine - Beit Chabab, un village du Metn Nord.
La milice phalangiste encercle le village ; ses tirs se concentraient sur les quartiers connus pour leur rejet du fascisme.

Chawieh, village limitrophe connaît un autre sort : tous les foyers connus pour leur lutte anti fasciste ont été investis par la force. Ce fut ainsi le sort de notre domicile. Ma mère a été insultée et humiliée ; on lui avait reproché d’avoir mis au monde un communiste. Ce jour-là, la milice avait emporté avec elle tous les bijoux de ma sœur aînée.

Mon père, enseignant à Champville, collège mariste de Dick El Mehdi, fut arrêté sur un barrage dressé par cette même milice à Kornet El Hamra, lors de son trajet pour le travail. On l’obligea de descendre de son véhicule et de se mettre à genoux ; il avait cru qu’il allait mourir.
A genoux, il recevait quelques insultes, coups et crachats avant d’être relâché. L’ironie du sort, quelques jeunes de ce barrage fasciste étaient ses propres élèves.

Ma petite sœur, dans son trajet vers le domicile de son amie situé à quelques centaines de mètres de chez nous, avait failli être renversée par une jeep fasciste qui l’avait repérée ; elle avait eu juste le temps de se jeter dans le fossé, au bord de la route. On lui reprochait d’être la sœur d’un militant communiste.

Devant ce déferlement de la violence phalangiste, mon père décida de mettre à l’abri sa famille ; ce fut ainsi notre départ du Liban.

Mon père avait fait le bon choix car, après notre départ, des jours encore plus sombres se sont abattus sur cette région :

- Des militants antifascistes assassinés, parmi eux un jeune militant communiste de dix sept ans abattu chez lui, en plein sommeil, en présence de ses parents, ses frères et sœurs, impuissants.

- Assassinats d’ouvriers syriens, les corps jetés ensuite aux bords des routes, dans les fossés.

- Un premier passage d’un convoi de voitures klaxonnant comme s’il s’agissait d’un mariage ; la tradition voulait alors que, de leurs balcons, les habitants jettent du riz sur le convoi. Ce jour là, ce ne fut pas un mariage, les véhicules arrosés de riz traînaient à grande vitesse des être vivants, des jeunes palestiniens ou des militants antifascistes libanais kidnappés. Les véhicules ne s’arrêtaient que lorsque les fascistes constataient la mort de la victime.



Conclusion

Aujourd’hui, comme il est dit plus haut, Nadim Gemayel établit un parallèle digne d'intérêt entre la situation présente et le contexte du début de la guerre libanaise.

« Dans les années 70, les jeunes ont pris les armes et combattu pour défendre la cause de la liberté et de la souveraineté, et ils étaient prêts à consentir d'importants sacrifices », souligne M. Gemayel.

Il poursuit, je cite : « Aujourd'hui, il ne s'agit plus de porter les armes. Les jeunes devraient plutôt s'engager dans l'État, dans les institutions afin de défendre cette même cause. L'approche est donc nouvelle et le mode de combat est différent. »

Ce n’est absolument pas le cas comme ce monsieur le décrit puisque l’un de ses alliés fidèles, non seulement prône la violence fasciste, mais aussi s’y prépare puisqu’il croît pouvoir déclencher une nouvelle guerre civile.
Et notre Gemayel poursuit encore en déclarant qu’ « une telle approche est séduisante. Sauf que l'effort de construction ne saurait aboutir aux résultats escomptés lorsqu'en face une faction s'obstine à détruire tout ce qui pourrait être construit...»

Il n’a même pas le courage de nommer explicitement la faction : notre Résistance dans toutes ses composantes ainsi que notre peuple dans sa grande majorité.

Quant à prétendre de construire, ce monsieur va très loin dans ses propos car la seule construction pour laquelle son parti se bat est celle d’un Liban transformé en province rattachée à l’entité sioniste, gouverné par une dictature fasciste.
Le farouche attachement de Nadim Gemayel à ce projet de construction est ainsi dans la continuité de la fierté déclarée récemment par son parti d’avoir jadis accepté une alliance avec l’entité sioniste.

Il faut également savoir que ce projet de construction si cher à Nadim Gemayel ne peut se concrétiser que par la préservation d’un système obsolète niant en permanence les aspirations de notre peuple et de sa jeunesse à la souveraineté de notre Liban, à la justice sociale et au progrès.




Pour conclure, deux questions posées aux responsables européens que monsieur Nadim Gemayel a rencontrés lors de sa tournée :
Accepteront-ils d’abandonner leur système de gouvernance dans leurs pays respectifs en le remplaçant par le même que subit aujourd’hui notre peuple ?

Parmi eux, des français ; accepteront-ils une nouvelle constitution décrétant que l’accès à la Présidence de la République serait dorénavant exclusivement réservé aux français catholiques, celui à la Présidence de la Chambre des députés aux français protestants et celui à la fonction de chef de gouvernement aux français juifs ou musulmans ?