mardi 26 octobre 2010

LIBAN RESISTANCE REPOND À DES DEMANDES EMANANT D’ETUDIANTS ET DE LYCEENS LYONNAIS, SOUHAITANT VOIR QUELQUES UNES DE SES PAGES
DEDIEES À LEUR ACTUELLE LUTTE



Lyon, 21 octobre 2010 : La rafle de la Place Bellecour


Des jeunes Lyonnais ont été raflés, parqués tout un après-midi Place Bellecour hermétiquement bouclée, ils ont été battus, gazés, inondés, humiliés.

Certes, l'alcoolémie et tout autre syndrome peuvent faire perdre son sang-froid à plus d'un, encore plus à un CRS, mais là, il y avait des ordres, une action d'envergure délibérée.


Voici le témoignage de 5 étudiants en droit à Lyon qui se sont fait parquer Place Bellecour, des photos, pratiquement toutes prises par l'un d'eux, une vidéo et une audio.


Le témoignage de 5 étudiantsparqués comme des bêtes



En ce 21 octobre, nous avons vécu ce que l'on pourrait appeler une garde à vue à ciel ouvert Place Bellecour à Lyon.
Tout commence en début d'après-midi, nous savons qu'un rassemblement pacifque est organisé place Antonin Poncet par l'UNL et la CGT (dans son petit break blanc). En tant que citoyens et concernés par l'amalgame jeune = casseur il nous semble important d'aller manifester dans le calme avec les jeunes et les syndicalistes.
Le dispositif policier déployé est impressionnant et dès la rue Victor Hugo on assiste à des barrages fltrants. Les CRS nous laissent passer sans aucun contrôle à notre grand étonnement. Nous sommes donc sur la place Bellecour.
Un grand nombre de personnes tentent d'accéder à la place Antonin Poncet, nous avons le cortège en visu. Cependant, le GIPN est présent et lourdement armé. Une ligne de CRS bloque de tous les côtés l'accès à la place d'où doit débuter la manifestation. Nous pensons qu'il s'agit juste d'une mesure temporaire.
Nous tentons de regagner la place en passant par la rue de la Barre. C'est alors que nous découvrons deux blindés anti-émeutes armés de canon à eau placés respectivement à l'entrée de la rue du Président Édouard Herriot et à la rue Gasparin. Ça commence à chauffer là où les CRS bloquent l'accès à la manifestation : premiers tirs de gaz lacrymo sur les personnes agglomérées dans la place Antonin Poncet et celles de l'autre côté de la ligne de démarcation.
Nous demandons alors aux CRS disposés en ligne rue de la Barre si nous pouvons sortir de cette place. « On ne veut pas se prendre des cailloux, ni des gaz nous voulons juste manifester pacifquement de l'autre côté de la rue» . Réponse sèche nous disant que de toute façon le secteur est bouclé et que les ordres sont clairs. Personne ne sort. On nous dit alors d'aller nous mettre au fond de la place (côté Saône) pour éviter les gaz et que « peut-être » là bas nous pourrions sortir.
La situation est inédite, nous faisons le tour de la place, toutes les rues adjacentes sont bloquées, à chaque barrage où nous demandons de sortir on nous répond toujours que c'est impossible. Et pourtant nous voyons des personnes qui arrivent à passer sans problème les barrages de CRS. Les personnes de plus de 25-30 ans sortent sans problème de cette place. Il est clair que le mot d'ordre est de laisser entrer les « jeunes » dans la place et de ne pas les laisser sortir pour une durée indéterminée.
Nos inquiétudes sont confrmées par un CRS qui nous dit que de toute façon « vous les jeunes vous ne sortirez pas avant 20h et même 21h si cela est nécessaire ».
Cela fait déjà 1h30 que nous attendons. Pas de mouvement, on croirait que le temps s'est arrêté. Il semble que le commandement central soit muet, les CRS au milieu de la place en petit groupe sont plus que détendus, enlèvent leurs casques, fument et parlent même avec les jeunes. L'hélicoptère de la gendarmerie ne cesse de tourner au-dessus de nous, équipé d'une caméra il passe et repasse au dessus des jeunes. Le climat est presque détendu. Mais il ne le restera pas longtemps : des groupes de CRS font des rondes, passent et traversent la place Bellecour pour « réveiller » les jeunes, peut-être trop calmes ? Deux policiers de la BAC tournent sur une moto depuis une bonne demi-heure dans la place.
Nous attendons, encore, toujours. C'est au bout de 3 heures que le harcèlement policier commence à porter ses fruits. Les jeunes au début très dispersés et calmes commencent à se rassembler et demandent à sortir.
Les jeunes sont pris dans un mouvement de foule, la police toujours en bloquant les sorties de la place, tire des grenades lacrymogènes sur le groupe nouvellement formé.
Des jeunes après s'être fait gazer se font matraquer. Il est impossible de sortir.
Les forces de l'ordre délivrent alors un message hallucinant depuis les fourgons blindés anti-émeutes : « Attention. Si vous ne vous dispersez par maintenant, nous allons devoir faire usage de la force ». Mais comment vont se disperser les jeunes alors que tout est bloqué ?
Au même moment, nous étions bloqués à un barrage en tentant de sortir pour la « 10e » fois. Les forces de l'ordre donnent l'assaut et balance la sauce sur des jeunes non armés, totalement encerclés et sans aucune protection : Canon à eau, gaz lacrymo sous toutes ses formes, matraquages, fumigènes, bangs, ...
Après cet assaut insensé il nous est ordonné de nous présenter à une sortie (enfn ouverte !) direction quai de Saône. L'humiliation continue : Contrôle d'identité avec des agents recensant toutes les infos sur chaque personne présente, fouilles corporelles et photographies. De plus la presse est là pour flmer la prise du jour. Tutoiement et petites blagues racistes de rigueur. On fait passer tous les « beurres » chez le photographe des RG. Ceux qui n'ont pas de pièce d'identité seront systématiquement mis en garde à vue et « stockés » dans les cars que nous voyons au loin sur le pont Bonaparte.
Voici comment l'État français traite sa jeunesse et ne résout en rien les problèmes d'insécurité. Il faut noter que seulement FR3 Rhône-Alpes et TLM ont fait état de ce qu'il s'était passé (à demi-mot cependant). FR2, chaîne de service public, à quand même réussi à dire que la place Bellecour était prise « toute l'après-midi par des casseurs ».
J'hallucine, les casseurs il n'y en avait que très peu, le reste est resté bloqué sous l'œil des caméras qui ont pu tourner des images et contribuer à la désinformation gouvernementale.
Ce sont des méthodes dignes d'un régime fasciste :
Humiliation
Violence gratuite
Atteinte au droit fondamental d'aller et venir
Un seul mot me vient à l'esprit : RÉSISTANCE.
5 étudiantsparqués comme des bêtes


La vidéo, ici :
http://rebellyon.info/Video-Les-forces-de-l-ordre.html



Et l’audio, ici :




Des témoignages bouleversants


Il est 2h du matin, et je ne peux tou­jours pas dormir, après ce que j’ai vu et entendu aujourd’hui place Bellecour.
Je suis restée blo­quée d’envi­ron 13h30 à 17h30, et je ne suis sortie saine et sauve, et sans contrôle, uni­que­ment parce que je suis une jeune femme blan­che, sans dreads ni pier­cing... J’ai vu un CRS faire le signe de déca­pi­ta­tion en rica­nant, à l’atten­tion de mon ami. C’était après nous avoir dit qu’on pou­vait sortir du côté de la Saône, en ajou­tant « Merci qui ? ». Mon ami lui avait alors envoyé un baiser avec la main... Et voilà, comme ça, c’est beau : un repré­sen­tant du pou­voir en place faire ce signe de mort en rica­nant ! J’ai vu un type se faire pren­dre et tabas­ser lors d’une charge de CRS alors qu’il ne fai­sait rien, qu’il était juste là, à fuir, à tenter de se pro­té­ger, à être là, comme nous, sauf qu’il était un jeune homme d’ori­gine magh­ré­bine, évidemment.
Au fait, se faire char­ger quand on sait qu’il n’y a aucune issue, c’est une sacrée expé­rience ! On a véri­ta­ble­ment essayé de se pré­pa­rer psy­cho­lo­gi­que­ment à se faire matra­quer. C’est dur (hohoho).
Plus tôt, après une charge, des coups de feu (lacrymo ? fla­sh­ball ?), je me retourne et je vois une fille à terre, incons­ciente, de l’écume aux lèvres, der­rière un kios­que à l’est de la place. Que doit-on faire ? Est-elle sim­ple­ment évanouie ? A-t-elle reçu quel­que chose dans la tête ? A-t-elle une crise quel­conque ? A-t-elle besoin de secours d’urgence ? Je cours vers un mur de CRS, en hur­lant, hys­té­ri­que, d’appe­ler le SAMU (« IL Y A UNE FILLE A TERRE INCONSCIENTE ET C’EST A CAUSE DE VOUS ! » je hurle de toutes mes forces), JE VOIS ALORS UN CRS SOURIRE !!!
Avec mon ami, on a dis­cuté avec beau­coup de ces « cas­seurs des cités » : tous étaient froi­de­ment cons­cients de la situa­tion poli­ti­que, et SURTOUT DU RACISME OMNIPRÉSENT. Les blancs eux, s’en sor­ti­ront, PAS EUX, ni aujourd’hui, ni demain, ni dans la vie ! On a dis­cuté avec des jeunes qui cor­res­pon­daient par­fai­te­ment aux cli­chés relayés par les médias : jeunes d’ori­gine afri­caine à fou­lard, bas­kets, capu­che... On a briè­ve­ment dis­cuté de la réforme (“et on ne va pas tra­vailler jusqu’à 70 ans !” me dit un jeune avec un petit sou­rire au lèvres : il le sait, il est sur­tout là pour se battre contre une société raciste et pour­rie, dont la réforme est un élément qui fina­le­ment ne le concerne que de loin), on a appris que cer­tains lycéens se bat­taient également contre la sup­pres­sion des BEP, on a parlé du racisme, de la pro­pa­gande... Tous sem­blaient rési­gnés ; il n’y avait AUCUNE VIOLENCE.
Après l’ultime charge, le piège tendu contre nous vers 17h20, des tirs, on se plaque contre une vitrine avec d’autres jeunes, puis on se réfu­gie, mon ami et moi, pani­qués, dans la pre­mière cour inté­rieure, pour se pro­té­ger des tirs (là encore, pas eu le temps de voir, ou de sentir ce que les repré­sen­tants de l’État fran­çais tiraient). Il y a là, dans l’esca­lier de cet immeu­ble, un jeune d’ori­gine magh­ré­bine, un lycéen tout gentil, un peu enrobé, à la voix douce, bref tout sauf quelqu’un de mena­çant et d’effrayant, qui s’est retrouvé bloqué vers 11h place Bellecour alors qu’il ne fai­sait que passer. Il nous a raconté, sans haus­ser la voix, comme si c’était là quel­que chose de banal, qu’un CRS, en le blo­quant, lui a dit d’un air mépri­sant qu’il l’avait reconnu, lui, un « cas­seur » de ce matin 9h. Le garçon nous a alors dit : « à 9h, je fai­sais une interro ! ». « Ils m’ont dit que les Blancs pas­saient mais pas les autres ». Je lui ai alors fait répé­ter la chose, ne pou­vant en croire mes oreilles. Oui, oui, le CRS lui a dit ça comme ça. Oui, oui. D’autres jeunes stig­ma­ti­sés depuis leur plus jeune âge par les flics nous ont adressé plus tôt la parole, d’un air rési­gné : « eh pour­quoi vous partez pas vous ? Vous êtes blancs, essayez, ils vous lais­se­ront passer, vous... ». Nous n’avons pas essayé. Trop fiers pour tenter de partir, trop effrayés pour faire face à une charge de CRS. Dans cette cour, trois filles sont ensuite venues non pas se réfu­gier, mais faire pipi. Elles sont ensuite res­sor­ties ; nous n’avons pas osé.
Finalement, pas de contrôle d’iden­tité pour nous : « coup de chance » : dans la cour où nous nous sommes « réfu­giés » (on atten­dait les flics, prêts à mettre les mains sur la tête), on voit arri­ver des jeunes de droite à mèche ! Surréaliste ! Les che­veux de droite se reconnais­sent de loin ; enfants de bour­geois habi­tant place Bellecour, et leurs copains riches de droite. Une dis­cus­sion suit en bas des esca­liers avec deux d’entre eux, pen­dant que des jeunes pau­vres se font matra­quer sur la place : non, tous les gens qui ont voté Sarko ne sont pas pour ça, nous dit l’un des jeunes à la coupe Sarko fils pré-tonte ; ça.... Mon ami s’énerve, lui dit que si, que si on a voté Sarko, on a voté pour le racisme, pour l’État poli­cier, pour l’ORDRE, pour ça, CA... Les gens savaient, ils savaient pour quoi ils votaient : pour ça ! Le jeune d’ori­gine magh­ré­bine lui se tait, c’est juste un gamin qui veut ren­trer chez lui. Ces deux jeunes de droite avaient l’air si sym­pa­thi­ques, si inno­cents, et pour­tant c’est eux aussi la France qui pue. Au final, c’est « grâce » à un groupe de blancs riches que nous sommes sortis sans contrôle, la rage et la peur au ventre. Un flic à blou­son en cuir et bras­sard entre dans la cour, nous dit de sortir, qu’on peut partir main­te­nant. On ne le croit pas ; je lui dis :« et tout à l’heure ? Vous nous avez dit qu’on pou­vait partir ! ». Il m’ignore, et va parler aux riches. Le gamin se dirige vers la porte, on le retient en lui disant d’atten­dre pour sortir avec les blancs. Il refuse. On insiste, on le met en garde, mais il a son hon­neur, lui. Il garde la tête haute, et s’en va. Puis nous sor­tons, nous, effrayés, avec ces gens, un bon Français aux che­veux gris et à lunet­tes, une dame à talons, et des autres Blancs. Nous pas­sons devant les autres jeunes restés sur la place, qui sont main­te­nant contrô­lés par les flics, un à un, vers le pont Bonaparte. Je n’ai pas pu rete­nir mes larmes en criant aux badauds, une fois le bar­rage de flics passé sans encom­bres, sans même un arrêt : « Nous sommes passés parce que nous sommes blancs ! Elle est belle la France, hein ?! »
Plus tard dans les rues tou­ris­ti­ques du 5ème, je vois une télé­vi­sion dans un bou­chon. Je m’avance, une com­mer­çante me dit bon­soir, pen­sant que je suis une cliente. Je ne fais pas atten­tion, je tente d’aper­ce­voir des images de ce que je viens de vivre. La bonne Arbeiter me redit bon­soir, cette fois fer­me­ment, comme si je lui avais manqué de res­pect, comme à une gamine. Je la regarde dans les yeux et lui répond « Bonsoir. ». Je me retourne vers l’écran. J’entends la femme me lancer :« ah, la télé » comme si j’étais une mouche atti­rée par la lumière. Je réponds : « oui, je veux voir la pro­pa­gande ». « La pro­pa­gande ? » me lance-t-elle, d’un air à la fois moqueur et cho­quée. J’ai alors eu envie, pen­dant une frac­tion de seconde, de lui défon­cer la gueule. Mon fiancé m’a prise et m’a enle­vée de là, et je ne suis même pas arri­vée à pro­non­cer un mot intel­li­gi­ble. Nous sommes partis.
QUE DOIVENT RESSENTIR CES JEUNES CONSTAMMENT STIGMATISÉS SI MOI-MÊME JE PEUX RESSENTIR UNE TELLE HAINE APRÈS UNE APRÈS-MIDI ????!!!! RÉSISTANCE FACE A LA FRANCE QUI PUE !
Lapins


Bonjour,
Je suis un étudiant en phi­lo­so­phie et je vis à Lyon. Aujourd’hui, jeudi 21 octo­bre, alors que je me diri­geais de l’hôtel de ville en direc­tion de ma faculté, j’ai du emprun­ter la place Bellecour ; à savoir le chemin logi­que et normal.
En arri­vant à l’entrée de la place Bellecour à 14H30, je vis de nom­breux CRS pré­sents tout autours de la place, néan­moins aucun réel bar­rage n’était en place et les forces de l’ordre ne m’ont abso­lu­ment rien dit en me voyant arri­ver et se sont même sépa­rées dou­ce­ment pour me lais­ser passer. Je m’engage donc tran­quille­ment sur la place. Cependant, à l’autre extré­mité, je fais face à une ordre de CRS en posi­tion de blo­cage. Je décide de faire demi-tours, cons­ta­tant que l’ensem­ble des sor­ties de la place sont blo­quées de la même façon. Arrivant par là où j’étais entré sur la place, je cons­tate qu’un bar­rage de CRS vient d’être mis en place. Ceux-ci me refu­sent le pas­sage sous pré­texte des ordres du préfet alors même que quel­ques minu­tes avant ils venaient de me faire péné­trer sur la place.
C’est alors que com­mence un déten­tion avec plu­sieurs cen­tai­nes de per­son­nes sur la place, sans aucune raison.
Pire encore, durant cette déten­tion, je décou­vre que cer­tai­nes per­son­nes sont enfer­mées depuis 13H15, donc les forces de police m’ont laissé ren­trer en sachant par­fai­te­ment qu’il s’agis­sait d’un piège.
Pendant ma déten­tion, sachez que toutes les per­son­nes âgées, ou même non-jeunes pour être précis, ont pu partir sous pré­texte qu’elles « habi­taient la rue juste à côté ». Un véri­ta­ble fil­trage a opéré pen­dant cette période, afin que nous ne finis­sions qu’entre « jeunes », favo­ri­sant ainsi l’amal­game entre lycéens révol­tés et cas­seurs. Les forces de police ont été bru­ta­les, insul­tan­tes, face à des per­son­nes pro­fon­dé­ment calmes, cher­chant juste à com­pren­dre ce qu’il se pas­sait. C’est fina­le­ment après 5 heures que je pu sortir par le « Check-Point » mis en place à l’une des sor­ties. Là, sachez que je fus vic­time d’un contrôle d’iden­tité abusif, allant même jusqu’à pren­dre une pho­to­gra­phie de mon visage. Je sortis à 19H30, sans aucune autre expli­ca­tion. Enfin, durant les 5 heures d’enfer­me­ment, seule une ving­taine de per­son­nes ont osé se révolté, résul­tant d’une répres­sion aux gaz lacry­mo­gè­nes et tirs de jets d’eau à haute pres­sion. Qui, enfermé pen­dant 5 heures sans raison, insulté et dégradé par des forces de police, ne devien­drait pas fou ? L’état cher­che à engen­drer une haine chez les jeunes en les enfer­mant volon­tai­re­ment et en les pous­sant à bout. Ainsi, les diri­geants pour­rons, preu­ves à l’appui, dis­cré­di­ter au yeux de son peuple soumis et cré­dule l’enga­ge­ment des jeunes dans cette réforme.

Un troisème témoignage
Je suis écœuré. Difficile de trou­ver les mots. Pas l’habi­tude d’écrire. Mais je res­sens le besoin de témoi­gner tout sim­ple­ment. Je ne par­le­rai que de cette jour­née du Jeudi ici à Lyon Bellecour.
Ce matin vers 10h45, avant d’aller cher­cher mon enfant à l’école, quel­ques grou­pes d’étudiants regrou­pés, atten­dant pour mani­fes­ter. Aucune agi­ta­tion. Les forces de l’ordre encer­claient, contrô­laient déjà tous les accès. À noter en plus l’ héli­co­ptère(pas encore là à ce moment), les 2 tanks à eau... Je suis revenu vers 13h45, j’ai pu ren­trer sur la place et me poser vers la rue Emile Zola sur un banc comme la plu­part des lycéens. Quelques pas­sants... Et même une « baqueuse » avec bras­sard rouge, casque, bou­clier qui tra­ver­sait en solo d’un bout à l’autre à grands pas... À côté de moi, un groupe d’ado­les­cents. J’entends l’un d’eux dire : « J’ai envie de pisser ! J’en peux plus... ! » Un autre lui répon­dre ; « T’as essayé là-bas quai de Saône ? » Je regarde plus atten­ti­ve­ment et je vois en effet que chaque ado était refoulé par les crs. Soleil, un gros pétard qu’explose tran­quille­ment...calme plat.
Puis vers 14h00, retenti un méga­phone et cla­meur... Comme beau­coup d’autres, je me lève et pars en direc­tion de la place Antonin Poncet. Arrivé à l’angle, attrou­pe­ment de jeunes, qui comme moi vien­nent voir ce qui se passe. Je vois des dra­peaux : « Libérez nos cama­ra­des ! Libérez nos cama­ra­des ! » Je passe le contrôle...je sens un regard casqué se retour­ner vers moi et... rien.. Jean, blou­son, che­veux gri­son­nant, je passe.. La ten­sion monte.. Crs et Bac+ camion­net­tes cons­ti­tuent une cein­ture empê­chant l’inter­syn­di­cal et d’autres venus, côté place Antonin Poncet sou­te­nir et mani­fes­ter avec les lycéens, côté Bellecour... Les points se lèvent, des cris cou­vrent le bour­don­ne­ment de l’héli­co­ptère qui tourne au-dessus de nos têtes inlas­sa­ble­ment... Autour de moi, la ten­sion monte, en moi aussi... Situation blo­quée.
Cette situa­tion est restée blo­quée ainsi pen­dant plus d’un quart d’heure sans aucune hos­ti­lité. Du coup, j’ai pris le temps de regar­der de plus prêt les crs, leur équipement, mais aussi leur regard. J’ai vu des cyborgs.. Aucune dis­cus­sion pos­si­ble. Le rap­port de force (pro­tec­tion, équipements armés) est tel­le­ment dis­pro­por­tionné que je me suis senti agressé, menacé.. Puis, la ten­sion monte encore, encore et ce blo­cage de cette situa­tion absurde, amène quel­ques jets de pierre. Moi phy­si­que­ment, je ne savais pas quoi faire et j’ima­gi­nais qu’une percée pou­vait chan­ger le cours des choses et je la res­sen­tais phy­si­que­ment. Nous étions nom­breux, bien plus nom­breux qu’eux. Et par sur­prise, nous aurions réussi. Mais je me voyais mal crier ; " Allez, on fonce dedans... ! Non. Je reste debout. Des pier­res volent, j’attends et la pre­mière salve de lacrymo tombe. Des repré­sen­tants syn­di­caux avec des dra­peaux sem­blent par­le­men­ter. ça siffle, ça hue.. Mégaphone : faut rejoin­dre le cor­tège inter­syn­di­cal der­rière sur quai gaille­ton... Vers où ? Laisser les lycéens enfer­mer ? Partir sans eux ? Et aller où ? (Place Guichard). Un p’tit tour et puis s’en vont. Non. Pas envie. La situa­tion était là. Les dra­peaux flot­tent, côté Bellecour, fumée blan­che, les lycéens dis­pa­rais­sent.. Ah oui, j’ai pas bien com­pris mais y’a le dra­peau peace qu’arrive comme un tro­phée sous les accla­ma­tions.. Il se place en tête et là, j’ai même cru naï­ve­ment qu’on allait enfin ren­trer sur la place dra­peau peace en figure de proue. Bon j’abrège.
Tension, ten­sion, pétards, roue de vélo, héli­co­ptère, bal­lets des cyborgs, 2ème salve bien four­nie de lacrymo et là on recule tous jusqu’au quai et pous­ser jusqu’au début de la rue de la Barre. Pas mal de dra­peaux par­tent en direc­tion de Guichard, regrou­pe­ment, à nou­veau face à face police. Il devait être vers 16h. De loin, Bellecour sem­blait déser­ti­que. Je ne sais pas ce qui s’est passé exac­te­ment. J’ai entendu dire qu’il y avait eu gazage, matra­quage, tan­kage à eau... Sur qui ?, Pourquoi ? Il y a un fil­trage. Comment s’est-il opéré ?
Vers 17h00, je bouge de check­point, celui de la ré, je vois qques lycéens errer dans le vide, ensuite rue Émile Zola, là je vois un crs plai­san­ter, s’amuser à meno­ter une demoi­selle nanti en fai­sant mine de la trai­ner sur la place et faire recu­lons parce qu’il y avait un gradé. Je fais l’tour jusqu’au pont Bonaparte et là je vois plus d’une cin­quan­taine de lycéens les uns der­rière les autres. Ils sont fouillés, contrô­lés. Je demande à l’un d’entre eux qui vient de sortir si ils sont pho­to­gra­phiés. Il me dit que lui non, mais d’autres oui : « J’ai posé des ques­tions dit-il : » Qui pho­to­gra­phiez-vous, sur quels cri­tè­res ? On lui répond : « Eux par exem­ple, en sur­vê­te­ment... ! »
Il com­mence à faire nuit. Rue Antoine St Exupéry, un car avec des dizai­nes de lycéens prêt à partir... Un dra­peau rouge avec le visage de Che gue­vara : « Révolution- Solution ». Je quitte Bellecour. Si mon enfant s’était retrouvé enfermé sur cette place... J’aurais été capa­ble d’une agres­si­vité dif­fi­ci­le­ment contrô­la­ble. Mêmes les pier­res n’auraient pas suffi, encore moins les voi­tu­res retour­nées.. Ce qui est cassé par cer­tains est la marque d’une grande force, d’un grand cou­rage. . Consciemment ou inconsciemment, ces gestes arra­chent des mar­chan­di­ses alié­nan­tes dans un décor de rues murées de vitri­nes, va et vient incessant de voitures stres­sées, bruit, air irres­pi­ra­ble. Marchandises parmi les mar­chan­di­ses, où étes-vous parents ? Où êtes-vous vivants ?
[Mot à la modé­ra­tion ; J’ai sorti tout ce qu’y s’est extirpé de ma tête. Jetez ou publiez. Si trop long, faites ce que bon vous sem­blera, mais ne coupez pas pré­ci­pi­tam­ment .]


Appel à témoignage

Comité de lutte :
Nous appe­lons toutes les per­son­nes pré­sen­tes à Bellecour, ce jeudi 21 octo­bre et vou­lant témoi­gner de ce qu’il s’est passé à nous contac­ter rapi­de­ment. Il est néces­saire d’infor­mer la popu­la­tion sur cet évènement, les médias ne fai­sant que relayer la pro­pa­gande gou­ver­ne­men­tale. Le comité de lutte sou­hai­tant orga­ni­ser une confé­rence de presse, nous avons besoin de vos témoi­gna­ges. Pour nous contac­ter : mailto:comitedelutte@gmail.com



Témoignage vidéo :
Pour par­ti­ci­per au recueil vidéo (au besoin avec mas­quage des visa­ges) des témoi­gna­ges à propos du tra­que­nard poli­cier qui a été orga­nisé place Bellecour les 19 et 21 octo­bre der­niers, vous pouvez join­dre la per­sonne qui s’en occupe aux coor­don­nées sui­van­tes : jf.buire@free.fr ou le 06.83.56.34.27




Le rendez-vous
Ce mardi, 26 octobre 2010, les syndicats des étudiants et lycéens appellent à un rassemblement à 14h00 devant le siège dépar­te­men­tal de l’UMP (25 rue du pré­­si­­dent Edouard-Herriot - Lyon 2ème).

Pour qui cette réforme ?, ici :

Aucun commentaire: