dimanche 15 août 2010



Pour toi aux yeux doux,
par lesquels je retrace les pas
de celles qui luttent
pour leur liberté et leur dignité
auprès de leurs frères résistants...



L’ECHO DE LA CITADELLE…TRIPOLI MON AMOUR



Des dalles solidement imbriquées,
m’offrent par une absolue certitude,
un paysage des souks à mille parfums.

Puis sous un soleil de plomb,
mes pas épousent
la forme d’une céleste géométrie,
éternellement ascendante,
jusqu’au seuil de cette majestueuse citadelle.

Elle me renvoie sur mes pas,
pourtant ivre de ses étroits chemins
et de ses pierres à mille histoires.

De ses cris fracassants,
son écho me guide sur l’unique palier
menant droit au seuil de la pauvreté.

Le temps suspendu,
le seuil franchi,
puis de mes yeux je découvre
ce fragment de misère,
de souffrance maternelle
et de combativité des femmes.

Un fragment d’espace
où s’imbriquent de petits lits superposés,
quatre mètres carrés pour l’accueil,
un canapé accueillant une mère souffrante
et à peine deux mètres carrés de cuisine.

L’écho de la cicadelle me fait deviner
l’électricité céder sa place à la bougie
éclairant simultanément
des pages de psychologie et de mathématiques
que les yeux innocents de deux sœurs dévorent.

Cet écho me raconte
les années de lutte pour le savoir,
ultime espoir pour cette famille.

Combien sont-ils à vivre
dans cet étroit espace ?
Quatre, six ou dix ?
Je ne veux pas le savoir.

Je fixe l’aînée
qui, de ses beaux et doux yeux
tantôt me raconte la ville ici-bas,
tantôt me chuchote son combat
pour décrocher son diplôme en psychologie ;
je tends l’oreille pour écouter sa sœur
déterminée à devenir ingénieur du bâtiment.

Dans le froid glacial
des rudes hivers,
à l’unique lumière des bougies,
ces combattantes
dévoraient le savoir…

L’écho de la citadelle
me renvoie de nouveau sur ses dalles;
mes pas retracent
le chemin vers les souks,
laissant derrière moi
une souffrance et une résistance
parmi tant d’autres…

De loin, le Soleil se prépare au coucher ;
la citadelle met sa plus belle robe de nuit.
Ils m’avaient relaté deux pages de ma Résistance,
celle de ces deux sœurs et de leur mère souffrante,
comme celle de trois soldats et d’un journaliste.

Ce soir-là, sous mille étoiles,
à plus de trois mille mètres de Kornet El Saouda,
la branche du plus beau de nos cèdres
s’est mise à s’agiter,
comme pour rédiger une symphonie
à l’écho de la mariée du Nord
et au sang versé à Aadaïsseh…











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