dimanche 4 juillet 2010



NOTRE LIBAN COURT A SA DISPARITION SI…


Des BASM polluant nos territoires du Sud, mettant en danger nos paysans, nos ouvriers agricoles et nos enfants, jusqu’à notre comportement inconscient, tant individuel que collectif, vis-à-vis de nos forêts, nos ruisseaux et nos fleuves, en passant par cet urbanisme effréné qui détruit notre patrimoine naturel, tous ces fragments de notre réalité vécus quotidiennement concourent à la catastrophe : la disparition de notre Liban.



2EME PARTIE

La lutte contre les incendies de forêts passe par une gestion intelligente de la forêt, le renforcement en moyens humains et matériels des services compétents, un urbanisme préservant notre patrimoine naturel et une éducation de notre jeunesse







suite à cet incendie, la production d'huile d’olive est compromise



Nous avons tous appris, dès la classe de sixième, qu’il faut trois conditions satisfaites simultanément pour déclencher un feu :

1- Un combustible, dans notre cas, l’arbre et la flore en général

2- Un comburant, dans notre cas, l’oxygène

3- Une température d’inflammation du combustible ; il s’agit là la température à partir de laquelle le combustible commence à brûler

A ces conditions, viennent s’ajouter la force et la direction du vent qui font propager l’incendie de secteur en secteur.

Ceci étant rappelé, il faut savoir que nos déchets et détritus que nous laissons sur place après une sortie en pique nique dans la forêt, en plus de leur rôle dans la destruction de la flore et de la faune, sont également des combustibles pouvant déclencher un incendie (chaque déchet possède sa température d’inflammation qui peut être facilement atteinte).

Ainsi, la première lutte contre l’incendie de forêts est celle menée contre la pollution de la forêt. Des campagnes de sensibilisation, notamment auprès de notre jeunesse, ainsi que de programmes de dépollution des secteurs concernés, peuvent être organisés à des coûts abordables pour des budgets communaux (baladiyat).



Un préalable : une réorganisation de l’Etat




Les ministères qui composent la structure de l’Etat :

Ministère de l'éducation et l'enseignement supérieur


Ministère de l'Intérieur - Forces de sécurité intérieure

Ministère de l'Enseignement supérieur

Ministère du Tourisme

Ministère de l'Intérieur et des Municipalités

Ministère des Finances

Ministère de l'Economie et du Commerce

Ministère de l'Agriculture

Ministère de la Santé publique

Ministère des affaires sociales

Ministère des Postes et Télécommunications

Ministère des Affaires Etrangères et des Emigrés

Ministère de l'Environnement

Ministère de l'Industrie

Ministère de l'Information

Ministère de la Justice

Ministère de la Culture


Si cette liste est exhaustive, nous constatons alors l’absence des thématiques « Aménagement du Territoire et Urbanisme » et « Ressources », pourtant des thématiques pertinentes au regard des enjeux.

Le ministère de l’Environnement étant, dans ses missions, proche et étroitement lié à l’aménagement du Territoire et à l’Urbanisme, pourra se transformer en un nouveau ministère baptisé « Ministère de l’Environnement, des Ressources, de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme », avec des missions et compétences élargies.

Ce nouveau ministère sera assisté par deux directions :

1- La Direction de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme (D.A.T.U.)

2- La Direction de l’Environnement et des Ressources (D.E.R.)


La D.A.T.U. aura pour missions la réalisation et la gestion des infrastructures routières, la réalisation et la gestion des grands équipements publics (ouvrages d’Art, grands ouvrages hydrauliques, ouvrages d’exploitation des ressources en énergie, …), ainsi que l’organisation du territoire et la planification urbaine à l’échelle nationale.

La D.E.R. aura pour missions la gestion et la protection du patrimoine naturel, la lutte contre les pollutions, la promotion des actions pour le développement durable, la protection des ressources naturelles (Protection des ressources en eau potable, protection des nappes phréatiques,…).





Entretenir et surveiller la forêt, comme également prévenir contre l’incendie sont principalement des actions déconcentrées de l’Etat




Le service de l’Etat chargé de ces missions sera la D.E.R.

Cette direction devra être dotée de structures déconcentrées, les subdivisions (deux subdivisions minimum par Mohafazat) munies de ressources en ingénieurs et techniciens de la forêt, en agents forestiers répartis en brigades d’intervention, et de matériels et équipements nécessaires à l’entretien et à la surveillance (postes de surveillance in situ munis d’équipements de surveillance et de communication, moyens de locomotion adéquats, sachant que sur les reliefs forestiers, le cheval est le moyen le plus pertinent, matériels pour les coupes, abattages, débroussaillages et nettoyage).

Il est évident que la D.E.R. puisse être dotée d’un budget propre. Mais aussi elle pourra solliciter des aides financières auprès des organisations internationales et organiser des campagnes de collecte de fonds auprès des entreprises et artisans.

N.B : En cas de catastrophe, la D.E.R sera appelée à coordonner ses actions d’urgence avec celles de la Défense Civile. Cette dernière devrait voir ses moyens renforcés, notamment en un parc d’hydravions.





Préserver nos quelques forêts de cèdres



Barouk




L’enjeu est important du fait du changement climatique qui n’épargne pas le Liban.

L’Etat devra prendre au sérieux l’impact climatique sur nos cèdres ; les organisations internationales, les scientifiques et les chercheurs devront être mis à contribution, pour trouver une solution à la disparition de ces forêts.

Par ailleurs, à travers le monde, des cèdres de chez nous ont été réimplantés dans des milieux différents de leur milieu d’origine ; à titre d’exemple, nous citons les réussites en territoire français : Le cèdre bien connu du Parc de la tête d’Or, à Lyon ; celui du Château de Mercuès dans le département français du Lot, celui encore jeune en Ariège, ceux des villes de Tours, de Saint Gratien, ou encore ce jeune de Cholet planté le 26 Mars 2010.






Parc Tête d’Or à Lyon (Sud-est de la France)




Cèdre du Château de Mercuès dans le département du Lot, planté en 1782
(sud-Ouest de la France)




Jeune cèdre dans l'Ariège (Sud-Ouest de la France)




Ville de Tours (Centre de la France)






Commune de Saint Gratien siyutée à 10 km de Paris





Jeune cèdre planté le 26 Mars 2010 devant la mairie Cholet (Centre de la France)





Ces expériences nous incitent à procéder à des essais de plantation de jeunes plants dans des différents lieux de notre territoire ; pour de tels essais, ce ne sont pas les sites qui manquent dans le nord, dans le Chouf ou dans les massifs du sud.


L’Etat devra doter le bénévolat ou l’initiative privée local qui gère ces forêts (conservation, reboisement en jeunes plants, accueil du public,…) d’une aide financière.
A terme, le bénévolat intégrerait une subdivision spécialisée qui aurait à charge la conservation et la gestion de nos forêts de cèdres.




Reboiser intelligemment










En dehors de nos cèdres, dans la majorité de nos forêts, le chêne occupe une place importante. Il est absurde de reboiser en pins, les secteurs à dominante « chênes ».

Par ailleurs, le choix des essences devra se faire en fonction de l’existant et de la nature des sols supports.

Enfin le reboisement devra être planifié et programmé ; la priorité sera donnée aux secteurs incendiés.

Le reboisement devra être accompagné par une mise en place des points d’eau, des bornes d’incendie, des postes de surveillance si l’opération se déroule sur des grandes surfaces, des interstices spatiaux débroussaillés « ruptures naturelles ayant pour rôle d’arrêter la propagation des feux ».

Les travaux de reboisement sont du seul ressort des subdivisions de la D.E.R.






Cibler notre jeunesse




L’Education Nationale devra principalement agir sur trois fronts :

1- Préparer et mettre en place des programmes de formation aux corps des ingénieurs et des techniciens de la Forêt et de la Montagne ; ces formations devront donc aboutir à des diplômes nationaux ; il en sera de même pour la formation d’agents forestiers.

2- Dans l’enseignement secondaire, en terminales, toutes filières confondues, et pour les deux sexes, rendre obligatoire un stage de deux semaines dans une subdivision de la D.E.R., sanctionné par un rapport écrit, en vue de l’obtention du diplôme de baccalauréat.

3- Organiser des interventions (diapos, ateliers, promenades ou randonnées éducatives) de la D.E.R. auprès des écoles, dès le l’enseignement primaire, en vue de sensibiliser notre jeunesse à la fragilité de la forêt et la nécessité de sa protection.






Des actions de prévention ciblant l’habitat existant en milieu forestier






Il s’agit de l’habitat déjà implanté en milieu forestier (villas, logements des exploitants agricoles ou ceux des ouvriers agricoles,…).

Une réglementation propre devra être opposée à ces occupations :

1- Obligation de débroussaillage régulier en limite de la forêt (le désherbage par l’utilisation de produits chimiques sera formellement interdit et sanctionné). Cette opération devra être effectuée au minimum une fois par an et durant la période de printemps. Ce minimum s’appliquera sur tout le territoire national. La D.E.R. sera chargée de contrôler le respect de cette règle.

2- Toute demande d’extension du bâti devra être adressée à la subdivision de la D.E.R. qui devra statuer (refus ou autorisation assortie de prescriptions techniques).

3- Interdiction absolue de toute nouvelle construction ou de toute activité pouvant provoquer le départ d’incendie sur une bande dont la largeur, exprimée en mètres, est définie par la D.A.T.U. sur proposition de la D.E.R. ; elle est opposable à tout permis de construire sur tout le territoire national.
Cette interdiction devra être rappelée dans les documents d’urbanisme réglementaire – voir plus loin le document « P.O.U.S. ».





Des actions de prévention ciblant les activités existantes en milieu forestier


Il s’agit d’activités déjà implantées en milieu forestier (ateliers ou garages automobiles, stations d’essence, activités d’exploitation du bois ou similaires, ateliers de fabrication de briques ou de matériaux de construction, carrières de chantiers,..).

La D.A.T.U., sur proposition de la D.E.R., et en coordination avec les ministères de l’Economie et du Commerce, des Finances, devra inciter ces activités à se délocaliser en leur offrant à titre gratuit des terrains dans les zones d’activités définies par le P.O.U.S. (voir plus loin).

Sinon, une réglementation propre devra être opposée à ces occupations :

1- Obligation de débroussaillage régulier en limite de la forêt (le désherbage par l’utilisation de produits chimiques sera formellement interdit et sanctionné). Cette opération devra être effectuée au minimum une fois par an et durant la période de printemps. Ce minimum s’appliquera sur tout le territoire national.

2- Interdiction absolue de toute extension de l’existant, de toute nouvelle construction ou de toute nouvelle activité, quelle que soit sa nature, sur une bande dont la largeur, exprimée en mètres, définie par la D.A.T.U. sur proposition de la D.E.R. ; elle est opposable à tout permis de construire sur tout le territoire national.
Cette interdiction devra être rappelée dans les documents d’urbanisme réglementaire – voir plus loin le document « P.O.U.S. ».



Les activités rejetant leurs déchets industriels ou leurs monstres (huiles de vidanges, carcasses de véhicules, batteries, produits chimiques inflammables ou non,…), auront l’obligation de se délocaliser selon le principe annoncé plus haut.
Le délai de délocalisation indiqué par la D.A.T.U. passé, si l’activité est toujours maintenue, sa fermeture définitive sera ordonnée par acte de justice et exécutée par les forces de police.







Lutter contre le mitage urbain












Le mitage urbain, s’il faut le définir, est une extension urbaine (habitat et/ou activités) irrationnelle qui est réalisée par une personne physique ou morale à titre individuel ou collectif.

A titre d’exemple, un individu qui, dans un souci de tranquillité et de profit de la nature, construit sa villa en dehors d’une ville, d’un village ou d’un bourg, à plusieurs kilomètres et à proximité de la forêt, voire même pleinement dans la forêt, non seulement participe à la destruction de la nature, mais aussi augmente le risque de catastrophe de type incendie, et par là, met en danger sa famille.

Pire encore, imaginons une entreprise de réparation et d’entretien de véhicules implantée en lisière d’une forêt. Non seulement le risque d’incendie est fortement probable, mais aussi le rejet de ses déchets industriels (huiles, composantes chimiques,…) directement dans la nature contribue fortement à la destruction de notre environnement.

L’Etat, à travers la D.A.T.U., avec le concours de la D.E.R., devra mettre en place des outils de planification, d’organisation et d’aménagement du territoire national.

Sur le plan national, les grands espaces naturels devront être clairement et exhaustivement identifiés comme patrimoine strictement protégé : l’outil est le Parc Naturel National (P.N.N.) doté de sa structure de veille et de son outil de réglementation. Il est du ressort de la D.E.R.

A l’échelle d’une mohafazat, il y a urgence de mener des études d’urbanisme et paysagers aboutissant à des schémas directeurs d’aménagement, d’urbanisation et de protection de l’environnement (S.D.A.U.P.E.). Il est du ressort de la D.A.T.U. avec la participation de la D.E.R.

Ces schémas prennent en compte les P.N.N. et leur réglementation.

Mais aussi et surtout, ils définissent :

1- Les grandes zones pouvant accueillir l’habitat, les activités ou les mixités
Urbaines.

2- Les secteurs réservés aux grands équipements d’infrastructures routières (grands axes), sanitaires (réseaux d’assainissement, stations d’épuration)
d’éducation (Ecoles, centres de formation professionnelle, extension universitaire), de loisirs,…

3- Les espaces agricoles à protéger ; dans ces espaces seuls seront
autorisés les bâtiments agricoles, les équipements nécessaires à l’activité
agricole et les logements des paysans et ouvriers agricoles.

4- Les espaces pouvant accueillir les carrières ; dans ce cas le schéma devra
définir les règles d’implantation et d’exploitation, ainsi que le délai
d’exploitation.

5- Les espaces naturels de moyennes ou faibles surfaces pouvant accueillir des équipements légers de loisir et de détente.

6- Les lacs, cours d’eau, ruisseaux, fleuves, secteurs identifiés par leur richesse en nappes phréatiques, à protéger.

7- Le Patrimoine historique et architectural à protéger ; il s’agit de dresser une liste exhaustive des éléments à protéger, dotée d’une cartographie. Cette protection s’appliquera aux éléments publics et privés. Une réglementation stricte devra être clairement définie pour les cas d’extensions d’habitat, de modifications architecturales ou d’aspect extérieur et démolitions dans un souci de résorption de l’habitat insalubre.

8- L’espace forestier à protéger contre toute construction non nécessaire à la protection et gestion forestières (les logements des agents de la Défense Civile y sont également interdits). Seuls seront aménagés postes de surveillance, points d’eau pour la faune, bouches d’incendie et circuits de randonnées munis d’un jalonnement très légers et de poubelles.
Une réglementation stricte pour la protection de la forêt devra être mise en place par la D.E.R.


A l’échelle d’une commune (baladiyat), un plan d’occupation et d’utilisation des sols (P.O.U.S.) devra être rendu obligatoire et élaboré par la municipalité qui pourra confier la maîtrise d’œuvre à la D.A.T.U.

La participation de la D.E.R. à l’élaboration de ce document de planification et de protection sera obligatoire.

Le P.O.U.S. devra être compatible avec les orientations et les réglementations du P.N.N. et des S.D.A.U.P.E. ; l’Etat devra faire respecter cette compatibilité ; un P.O.U.S. comportant le moindre élément d’incompatibilité devra être rejeté et la municipalité sera mise en demeure de lever cette incompatibilité.

Ce document d’urbanisme est opposable à toute demande de permis de construire ou d’autorisation d’utilisation du sol.

Il définit les zones du territoire communal destinées à l’habitat, aux activités artisanales ou à la mixité.

Il définit les secteurs devant accueillir des équipements publics de toute nature (exemple : emprise future d’une école ou d’un jardin d’enfants) ; dans ces secteurs, toute construction ou occupation de sols est strictement interdite ; la commune a le devoir de programmer le passage de ces secteurs dans le domaine public.

Le P.O.U.S. définit également les élargissements et renforcements des infrastructures routières ; les emplacements réservés à ces renforcements devront être cartographiés. Aucune construction ou occupation durables ne sera autorisée sur ces emprises futures des infrastructures.

Reprenant à son compte les éléments du patrimoine naturel ou architectural protégé par le P.N.N. ou par le S.D.A.U.P.E., il peut identifier les éléments de paysage ou architecturaux à protéger et à conserver (exemple : un cèdre ou un chêne qui compose la place ; un vestige archéologique ;…).

Il identifie les zones d’urbanisation future en se souciant de la protection des espaces agricoles et forestiers. Ces zones devront être munies d’un plan d’aménagement et d’urbanisme opposable à tout aménageur et à toute promotion immobilière.

Le P.O.U.S. devra définir pour chaque zone précitée, les implantations des constructions par rapport au domaine public, leurs implantations par rapport aux limites séparatives de propriétés, leurs hauteurs, leurs densités maximales au sol, les obligations d’espace vert sur la propriété.

Enfin, le P.O.U.S. identifie les espaces agricoles et les espaces boisés à conserver. Toute construction ou occupation des sols non nécessaire à l’agriculture est interdite dans les zones agricoles ; il en est de même pour les espaces boisés où toute construction ou occupation est formellement interdite.


En conclusion, notre patrimoine forestier et généralement notre patrimoine naturel devra être conservé à toutes les échelles de la planification urbaine de l’aménagement du territoire.

L’effort de protection, de conservation et de mise en valeur de notre environnement naturel nous concerne tous, individus, collectivités et Etat, l’enjeu étant la survie de notre Liban à travers la nôtre.

Prochainement, A suivre,
3ème Partie
L'Or Bleu : un enjeu pour les siècles à venir










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