jeudi 4 juin 2009

LETTRE OUVERTE A OBAMA


Votre discours bien affiné sur l’Islam grâce à la touche finale des dirigeants arabes de la Collaboration et de l’abandon de la Cause est hors des temps ; pire, il est déjà refoulé au fin fond de la poubelle de l’Histoire.

Sachez, Monsieur le Président, que le pivot central de notre résistance n’est nullement l’Islam ; en effet, nous revendiquons à travers notre acte de résister, seulement et à la fois la libération de notre terre volée, le droit de notre peuple au retour dans sa patrie, ce droit que l’Occident, aveugle par son repenti au regard des atrocités d’une guerre mondiale que lui-même avait provoquée, nie, ainsi que la reconnaissance d’un droit absolu d’un peuple à l’autodétermination.

C’est notre grande fierté que l’Islam nous permette de décliner une théologie de la Libération, comme d’ailleurs l’avait fait et le fait encore le Christianisme Sud Américain en lutte contre l’impérialisme des États-Unis.

C’est encore notre fierté que l’Islam prêche la résistance, comme d’ailleurs l’avaient fait dans un passé récent les instances religieuses de votre pays prêchant la résistance face à l’intolérance fasciste ou raciste ou encore comme l’avaient fait les mêmes instances en Afrique du Sud contre l’Apartheid.

C’est également notre fierté que, lorsqu’il s’agit de la Justice, de notre Identité et de notre Droit de Vivre dignement, la Lettre Divine s’identifie aux discours de nos philosophes, comme Amine Al RIHANI ou Khalil JOUBRANE.

Mais dites-nous alors et franchement, quelle est l’intention de votre discours ? N’est-ce pas pour nous rabâcher la thèse des deux états, comme si l’Histoire reconnaît la légitimité d’un état autre que la Palestine ? N’est-ce pas également pour asseoir solidement et durablement une entité policière préservant les intérêts, dans notre région, d’un ordre économique déjà vacillant, mais cette fois-ci plus intelligemment que votre prédécesseur ?

Il se pourrait aussi qu’à travers le choix de l’instant de votre intervention en Égypte, vous chercheriez l’ingérence directe dans les législatives du 7 Juin au Liban, car selon vous, il est inadmissible que le peuple du Pays des Cèdres puisse amener au sein de son parlement le moindre souffle de résistance et d’un réel changement démocratique.

Si c’est le cas, Monsieur le Président, je dois vous confirmer avec certitude, que votre discours aura l’effet contraire : celui de renforcer la détermination de nos peuples à résister et leur fermeté quant à leurs exigences pour des lendemains de justice, de paix et de progrès.

Vanité est de croire que nos peuples, par bourrage de crâne, choisiraient le chemin opposé à celui emprunté par le vôtre lors des luttes pour la libération et l’indépendance de son pays.

Il se pourrait également que votre discours ait pour ultime objectif de venir au secours des régimes arabes de la Collaboration et de l’Abandon National, de ces régimes qui ne se sont jamais souciés des souffrances de leurs peuples respectifs, ni des aspirations et revendications légitimes. Mais alors là aussi je peux vous confirmer la stérilité des mots que vous prononcerez, mots maintes fois revus, corrigés, rabâchés et souvent très largement applaudis par ceux qui, hier s’agitant jusqu’à baver, souhaitaient la défaite en 2006 de la Résistance Libanaise et celle de la Résistance du Peuple de Palestine à Gaza, tout récemment.

Bref, nous ne sommes pas dupes et nous pointerons chaque phrase de votre discours en la situant pleinement dans les sillons de l’Histoire qui, à la fois nous enseigne, nous éclaire et surtout nous apprend simultanément la lucidité de l’analyse et la justesse de l’acte.


4 Juin 2009
Raymond RICHA

1 commentaire:

Otmane a dit…

Belle plume et néanmoins une analyse pértinente. Si ta lettre était une motion ou une contribution, je la signerais sans changer une virgule.
Bonne continuation.
Otmane AZIZ